mardi 12 juillet 2016

La dernière mamie

L'ordre des choses dira-t-on.
92 ans et partie sans souffrances. C'est loin des 51 et des longues semaines de combat.
Des flashs, des étincelles, tous ces souvenirs enfouis de l'enfance, quelque part, plus ou moins loin, qui resurgissent. 
Les journées ensoleillées au terrain où vous posiez vos deux caravanes et les deux auvents pendant trois, quatre mois, aux beaux jours.
Cette balançoire et surtout la petite carriole qui servait à transporter les branchages ou les parterres de fleurs fanées mais dans laquelle on sautait et que l'un de nous, avec les frangins, tirait. Entre deux, on venait se désaltérer sous le auvent, vous étiez avec papa et maman, un tonton, une tata et plus souvent avec encore d'autres personnes. Mamie montait sur la petite marche pour aller dans la caravane nous rapporter une boisson fraîche du petit frigo, ou bien elle se rendait directement à l'extérieur, sous la caravane, où elle gardait les boissons au frais dans une bassine recouverte de torchons.
En juillet, il y avait le Tour de France sur la petite télé en fond sonore.
Il y avait aussi cette odeur bien particulière des journées d'été, des journées passées à prendre le temps sous le auvent où il faisait toujours tiède.
Cette odeur qui me rappellera toujours un coin de mon enfance.
Comme les bijoux en or, avec des perles, qui m'ont toujours fait penser à toi, même plus grande aujourd'hui.

Ce genre de bijoux que tu portais partout : boucles d'oreilles, chaînes, bracelets. Toujours très coquette.
Le même genre de bijoux que ces boucles d'oreilles offertes pour mon baptême que je vais remettre davantage dans les mois à venir.

Tu es le dernier grand-parent à partir. La dernière mamie qui va retrouver mon autre mamie et mes deux papys. Tu vas retrouver aussi tes enfants déjà disparus, deux fils et ton unique fille partie il y a dix ans tout juste, à quelques jours près.
Je ne crois pas aux hasards de la vie et partir dix ans jour pour jour après sa fille, c'est assez troublant.
Une vie souvent mystérieuse qu'on peut essayer de comprendre quelquefois mais finalement, il est bien aussi de ne pas trop en savoir. Je t'ai toujours trouvé assez mystérieuse, une part de toi-même que tu mettais un point d'honneur à ne pas dévoiler, une part de toi-même plutôt brusque au premier abord mais une part de toi-même dont j'ai compris il y a peu que tu dissimulais pour mieux protéger les tiens.
L'image d'une mamie coquette, mystérieuse et forte malgré des épreuves qu'on ne souhaite à personne dans la vie.
L'image un peu floue mais bien ancrée d'une mamie dans le soleil d'été.
Rendez-vous sur Hellocoton !

7 commentaires:

  1. Sincèrement désolé. Il m'en reste une seule du même age aussi et avec la distance c'est pas evident.
    Bon courage

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup Sylvain. Oui, j'imagine bien que ce ne doit pas toujours être facile. Malheureusement, on ne fait pas toujours ce que l'on veut dans la vie mais déjà, tu le sais que ce n'est pas facile, tu dois certainement combler par autre chose, du moins essayer et je suis sûre que ta grand-mère la réalise. La vie n'est pas toujours simple.

      Supprimer
  2. Peu importe l'âge au final, leur absence est toujours aussi douloureuse...
    Toutes mes pensées ♥

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup Anaïs. Nous conservons cette chance d'avoir de nombreux souvenirs heureux, ce genre de souvenirs qu'on conservera toujours quoiqu'il arrive.

      Supprimer
  3. Pour ma part j'ai le souvenir de tes grand parents étant tout jeune, ou je franchissais le mur pour aller les voir, toujours très bien acceuilli.
    Des souvenirs d'enfant ancré en tête, des goûtés, des bonbons, des balades dans le champ ...
    Une page se tourne, toutes mes pensées

    Théo.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup Théo pour ton passage par ici, et pour avoir laissé ce si joli commentaire ♥ Merci, Merci ♥

      Supprimer
  4. Très sincères condoléances à toi :-(

    RépondreSupprimer