mardi 13 février 2018

Autrui

L'autre. Son rapport à lui. Pas toujours évident à appréhender. Vivant aujourd'hui dans une société où on est plus ou moins exposé, exposé virtuellement j'entends, on aurait tendance déjà à trop se comparer à l'autre. Là où le bas blesse en premier lieu. Là où certains individus oscilleraient entre les "punaise, c'est fou ce qu'il/elle fait" en ramenant la-dite "chose trop bien" à soi, plus ou moins consciemment, et penser, plus ou moins consciemment, qu'on est loin d'arriver à la cheville de cette personne.
Comme on entend en devenant parent qu'il ne faut jamais comparer deux enfants, comparer deux adultes ne rime à rien non plus. La comparaison amène ou bien un rabaissement de soi, ou bien une envie voire sous sa forme plus perfide, une jalousie, qui fera que la relation humaine commence alors à se détériorer.
Envier l'autre, jalouser l'autre, voir ce que l'autre a, que nous n'avons pas, être témoin des jolies choses qui arrive à l'autre alors que moi-même stagne d'une certaine manière ou du moins un ressenti de ne pas vivre des trucs fou-fou.
Les réseaux sociaux ont démultiplié ces ressentis. Notamment Instagram où la publication du beau, du parfait, ont été longtemps les maîtres-mots. Une publication du parfait qui pouvait remettre en cause sa propre vie si on s'attachait de trop près à ces publications d'apparence parfaites, à se dire que "punaise, ma vie est un peu terne, non ?"
Un rapport à l'autre ambigu, dans la comparaison, dans le "je ramène à moi et j'en tire des conclusions biaisées". Un rapport à l'autre où on ne prend même plus le temps d'apprendre à connaître son prochain : sous prétexte d'avoir sa vie plus ou moins étalée sur les réseaux, ou selon ce que l'autre veut bien me montrer lorsque je le côtoie au quotidien, certains individus ne cherchent plus à communiquer, à entrer en relation avec autrui et tirent dès lors des conclusions hâtives sur l'autre personne sans avoir cherché à le connaître vraiment. "Non mais lui, je peux te dire qu'il est grave perché".

J'écris ces lignes aujourd'hui parce que je suis en quelque sorte plutôt au cœur des dérives de la relation humaine aujourd'hui. Depuis octobre, j'ai démarré une formation en alternance, une reconversion professionnelle partant d'un poste de chargée de communication à éducatrice sportive. Si dans quelques mois, je peux désormais vivre de ma passion sportive et transmettre aux autres des valeurs qui me sont chères, cette reconversion sera une réussite totale car avoir tourné la page d'une vie qui ne me correspondait plus, du moins dans mon ancienne entreprise, fut déjà une victoire, quoiqu'en aient pensé certaines personnes. Ah, tiens, vous voyez, on retrouve quelque part "les autres" ici, mais les autres avec leur côté moralisateur, juge et partie, avec leur côté que je qualifie de malveillant. Personnellement, je rencontre régulièrement des personnes dont le style de vie ne me correspondrait pas mais comme chacun est différent, que chacun voit midi à sa porte, je ne vois pas pourquoi je me permettrais de juger son style de vie. Si je vous parle de ma formation, c'est simplement parce qu'elle m'a permis depuis octobre d'être confrontée, déjà à une autre génération que la mienne : moyenne d'âge de 21 ans contre deux personnes en reconversion professionnelle de 36 et 39 ans. Mais surtout confrontée à pas mal de comportements humains que je qualifie d'assez déviants, des comportements qui sont sans cesse dans le jugement, ce genre de comportements qui fait que tu attends l'autre au tournant, que tu attends que l'autre se plante un peu pour pouvoir lui appuyer sur la tête.
Brrr, ça fait froid dans le dos, non ?
Pourquoi tant de malveillance me direz-vous ? Je cherche moi-même je vous rassure, du moins, j'essaie de comprendre ce qui peut amener une personne à prendre en grippe quasi systématiquement son semblable. Entendre trop régulièrement : "il est perché", "il va se planter" et j'en passe et des meilleures, ce n'est pas vraiment ce que je conçois de la relation humaine, et qui plus est quand des individus viennent au même endroit dans un seul et même objectif. 
Les années passant, j'ai surtout compris que la bienveillance était au cœur de cette relation humaine. Personne ne ressemble à l'autre et plutôt que de montrer du doigt les différences, je dirais qu'il est bien plus riche que de tirer partie de ces différences pour être capable de vivre ensemble.
Le vivre ensemble basé sur la bienveillance, simplement cela.
Malheureusement, malgré mon optimisme caractéristique, je note d'autant plus aujourd'hui que la bienveillance n'est pas donnée à tout le monde et qu'il n'y a même plus à comprendre pourquoi, simplement faire fi de ces autres perturbateurs ?
Autrui ou l’ambiguïté et la difficulté de vivre ensemble quelquefois malgré toutes les bonnes intentions du monde. 
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2 commentaires:

  1. Ton article me touche beaucoup et je crois que tu as trouvé les mots justes pour résumer la société actuellement. Nous rentrons dans un problème de lien, constamment connecté aux autres, mais virtuellement, dans le contrôle. On installe une distance dans la vie réelle, on se compare, on est en concurrence. Pourtant nous avons besoin de l'autre car nous ne sommes pas tout puissant et c'est ça qui est beau :)

    https://la-parenthese-psy.com/

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  2. Merci pour ton commentaire Line. Et pour ces mots que tu qualifies de "justes". Car j'en aurai encore à dire, notamment la notion de respect aussi dont je n'ai même pas parlé. Mais on comprend bien que le sujet est vaste. Continuons simplement de vivre ensemble du mieux qu'il soit et avec les personnes qui te le rendent bien.

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