jeudi 24 juillet 2014

"Vous ne vous posez jamais, vous ?"

On le sait pertinemment, on ne cesse de courir, tous les jours.
Certains parviennent à s'arrêter de temps à autre. D'autres moins, et d'autres pas du tout.
Ces autres qui ne parviennent pas à s'arrêter peuvent fasciner et peuvent faire peur quelque part. Car être toujours en action, on s'accordera tous à dire que ce n'est pas vraiment humain, en tout cas, pas tout à fait naturel.
J'ai entendu un ami dire il y a quelques mois : "mais on se reposera quand en fait ? Oh, ben, on se reposera quand on sera mort". Sur le coup, j'ai trouvé sa phrase plutôt juste : profitons de toutes les opportunités que nous offre la vie. Il y a d'ailleurs une petite affichette dans mes toilettes chez moi où est rappelée la citation de Benjamin Disraeli (si vous ne savez pas quoi faire, vous pouvez toujours lire sa bio ici) : 
"La vie est trop courte pour être petite".
Et cette citation n'est pas restée enfermée dans les toilettes. Tous les jours, on tâche de profiter comme il se doit, du moins on essaie de remplir le plus possible nos journées avec toujours en tête les mille choses qu'il serait bien de faire aujourd'hui alors qu'on sait déjà très bien qu'on ne pourra pas tout faire sur cette journée. Il n'empêche qu'on continue de vivre comme ça, que tous les jours, on essaie de faire un maximum, que tous les jours, en plus de sa journée de travail, on tâchera de cuisiner correctement, de jouer avec les enfants, d'écrire un peu, de penser à acheter ça, d'arranger au mieux son intérieur, de tâcher de trouver le cadeau pour un tel, de ne pas oublier de faire le planning pour la nounou, de penser à ce qu'on pourra faire ce week-end avec les enfants, et ci, et ça, et que sais-je encore.
C'est fatiguant, n'est-ce pas ? Du moins, ça me fatigue de l'écrire, alors même que la liste ci-dessus est loin d'être exhaustive, alors, je vous laisse imaginer le vivre. A moins que vous ne le viviez déjà ? Notre société actuelle fait que nous sommes nombreux à vivre comme cela, à courir après le temps, à tâcher de boucler le maximum de choses parce que tout va vite, trop vite, et qu'on se retrouve quelque part prisonnier de ce tourbillon.
Particulièrement cette année, je n'ai pas pris le temps. J'ai couru, toujours plus vite.
Au sens propre comme au sens figuré d'ailleurs.
Au sens propre : en novembre, je faisais ma première course à pied officielle, j'ai couru 7 km en 44 minutes, c'était un exploit, moi qui n'étais pas franchement sportive. En juin, j'ai couru 10 km en 55.30 minutes, c'était inespéré. Et puis, j'ai bouclé mon année ô combien sportive (car en plus de la course à pied, il y a du fitness et de la zumba, parce que sinon, c'est pas marrant, hein, l'agenda est moins rempli) par un semi-marathon, je n'étais pas entraînée pour, mais je l'ai fait.
Au sens figuré, ce n'est pas si différent. Je cours encore, je fais des choses, mais je veux toujours en faire plus.
Pourquoi un tel tempérament ? Je n'en sais rien. Je sais seulement que je veux profiter de chaque opportunité de la vie mais dernièrement, je réalise que ma vie va trop vite et que finalement, je devrais aussi prendre le temps de la contempler cette vie.
Depuis mon accident, j'y ai forcément beaucoup plus pensé.


Le jour de mon accident, en allant consulter mon médecin, je suis tombée sur cet article d'Ariana Huffington. Le destin de cette femme est fou et il est fou que je sois tombée sur cet article juste après mon accident.

Ariana, c'est cette femme hyperactive qui tombe de fatigue un jour et qui décide dès lors de reconsidérer la vie autrement et notamment en prenant le temps de la contemplation et le temps de dormir. Simplement dormir.
Il y a des coïncidences dans la vie : mon accident en était un et cet article sur Ariana, un "Et oh, réagis, stop !"


Hier matin, une ostéopathe que je ne connaissais ni d’Ève, ni d'Adam, m'a manipulée, toujours pour cet accident. Elle m'a manipulée vingt-cinq minutes environ mais cinq minutes après avoir commencé, cette phrase : "vous ne vous posez jamais, vous ?"
Phrase redondante depuis trois semaines : les amis, la famille me l'ont beaucoup dit à leur façon. 
Et hier matin, la personne neutre, le professionnel qui intervient aussi.
Promis, demain, on essaie de reconsidérer les choses.
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