mercredi 23 avril 2014

Chasse à l’œuf à la chèvrerie

Pendant le week-end de Pâques, beaucoup de fermes manchoises ont ouvert encore plus grand leurs barrières et ont organisé diverses animations. La chasse à l'oeuf fait partie de ces animations classiques et bien sympathiques à faire avec les enfants. J'avais guetté ces animations car il y a bien longtemps que je voulais trouver une occasion pour me rendre enfin à la Chèvrerie des Poitevines toute proche de chez nous. Je passe devant deux fois par jour et je trouvais bien dommage de ne pas encore y avoir mis les pieds. Alors, hop ! Ni une, ni deux, RDV avait été pris pour 14h30 dimanche après-midi pour une chasse à l'oeuf au sein de la chèvrerie.
 

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mardi 15 avril 2014

Ce n'est ni l'Irlande, ni l'Ecosse, c'est La Hague.

Souvent, à ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans la Hague, on aurait tendance à leur dire : "c'est l'Irlande" ou "c'est l'Ecosse". Car La Hague, il est bien vrai, ressemble plutôt aux clichés qu'on peut voir défiler de ces deux contrées. Sauf que La Hague reste La Hague, qu'elle a une identité qui lui est bien propre et qu'il n'est finalement pas très juste de toujours la comparer à une autre destination plus en vogue.
La Hague, on a beau y avoir grandi, on la redécouvre souvent. On la redécouvre selon la météo, selon la lumière, selon les marées, selon la saison. On la redécouvre selon son humeur. On la redécouvre parce qu'elle a beaucoup à offrir. Il y a un petit moment que je n'étais pas retournée à la baie d'Ecalgrain et je n'ai pas regretté une seconde : la vue depuis la route plus en haut est toujours aussi surprenante : au détour d'un virage, alors qu'on ne s'y attend pas vraiment, on tombe sur cette baie magnifique.
Ça se passe tout simplement de  commentaires. En arrivant, on cherche bien vite un endroit où se garer pour aller admirer depuis la terre ferme cet endroit inattendu et respirer le bon air frais qui nous arrive de l'ouest. Et puis, en descendant depuis la route, on tombe sur un sentier balisé qu'on n’hésite pas longtemps à emprunter, un petit sentier qui nous fait descendre toujours plus près de la mer et qui nous fait cohabiter pendant un temps avec les fleurs sauvages ou les genêts ajoncs, ces plantes jaunes très sauvages (très piquantes) typiques de La Hague qui pare tout le cap de jaune dès le printemps revenu.
Et s'il n'y avait que le jaune : La Hague, c'est aussi beaucoup de vert et beaucoup de bleu.
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mercredi 9 avril 2014

Ce que les chaussures disent de votre pratique de la course à pied

Je passe tous les jours devant mes chaussures de course à pied et le fait qu'elles se soient plutôt multipliées depuis un peu plus d'un an démontre bien quelque chose.
La course à pied, je l'ai pratiquée par intermittence pendant toute ma vingtaine. Le souvenir le plus lointain que j'en ai remonte à mes 20 ans, lorsque j'ai commencé à travailler, lorsque j'ai eu mon tout premier appart et que j'allais courir seule "tard" le soir vers 21h à Cherbourg. Ce souvenir est resté car ma maman me répétait trop souvent que je n'étais "pas prudente, bla, bla, bla". Maman, toi-même tu t'en souviens encore.
Bref, ce premier vrai souvenir du running est un bon souvenir ma foi, déjà, je me rendais compte que la course était un des sports qui m'apportait le plus de sérénité après sa pratique.
Mais à l'époque, attention les yeux et les sensations, je courais avec ça : 


Ah, ah, ah, ah ! Ouais, moi aussi, je suis bidonnée. C'est mon frère qui a trouvé la meilleure expression pour ces espèces de godasses : "Tes chaussures en bois". Ça veut tout dire, j'ai pourtant couru plusieurs kilomètres avec elles et pendant plusieurs années. Un supplice, clairement, je serai bien incapable de les rechausser aujourd'hui (mais je les garde pour me marrer). Cependant, ces chaussures m'ont accompagnées dans mes courses par intermittence durant toute ma vingtaine. Avec du recul c'est assez dingue, mais je ne courais pas non plus toutes les semaines, peut-être aux beaux jours, très rarement en hiver et puis je n'avais pas l'envie d'investir dans une paire de chaussures de course : à 20 ans, j'avais (à tort certainement) d'autres priorités que la course à pied.

Et puis lorsque j'ai déménagé dans une maison à la campagne il y a quatre ans, je me suis remise un peu plus à la course, j'ai recouru un peu plus avec ces chaussures mais il y a environ un an et demi, j'ai enfin décidé d'investir dans une autre paire de chaussures de course, je ne prenais pas un gros risque, j'ai acheté ces chaussures soldées Intersport 24€ (au lieu de 30€) :


Elles ne cassent pas trois pattes à un canard mais au moins ont-elles eu le mérite de me faire voler, oui, oui, voler, ce fut quelque part une renaissance ces chaussures, rendez-vous compte, j'avais enfin des plumes à la place de deux poids à mes pieds. Mes courses sont devenues donc plus régulières, c'était bien plus agréable d'être enfin bien dans ses pompes.

Et puis, six mois après, j'ai récidivé sur un achat.
Je suis montée un cran au-dessus en achetant ces chaussures, 60€ au lieu de 80€, sur I-Run, site spécialiste d'équipements de run et de trail :


Mais erreur fatale : j'ai commandé pile poil ma pointure, tout bon runner qui se respecte sait qu'il faut acheter une pointure voire deux au-dessus de sa taille habituelle, le pied gonflant pendant l'effort. Et oui.
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jeudi 3 avril 2014

Ma toute petite, tu as grandi et mon cœur de maman aussi.

Ma toute petite, je me souviens le printemps il y a trois ans, il faisait si beau, il faisait même chaud, je traînais mon pas si gros bidon partout et faisait un maximum de marche et de promenades en me disant que ce deuxième accouchement serait semblable au premier : serein, naturel, quasi une formalité.
Ma toute petite, malgré le fait que je t'avais chuchoté que "s'il te plaît, arrive en retard si tu veux, mais n'arrive pas pendant Pâques". J'aime tellement aller à la chasse aux œufs dans le jardin et manger du chocolat toute la journée, ça m'embêterait vraiment. Mais ma toute petite, tu avais déjà ton petit esprit de contradiction, c'est toi qui déciderais quand tu arriverais, pas moi, et il y a trois ans, je passais donc mon week-end de Pâques à la maternité.
Ma toute petite, le temps est passé bien vite, on est déjà arrivé là, là, trois ans après avec toi qui répète un peu trop dernièrement le mot "école", tu as bien compris qu'enfin tu irais à l'école en septembre, tu nous le répètes beaucoup, beaucoup à nous qui accusons un peu le coup du temps qui passe, à nous qui réalisons qu'il y a quatre ans, c'était aussi ton grand frère qui ferait sa première rentrée dans cette école.
Ma toute petite, pendant ces trois années, on aura profité de toi, on aura profité de ton frère, on aura profité tous les quatre. Il y a trois ans, on a fait le choix de travailler à temps partiel, ou plutôt papa dans un premier temps, puis maman dix-huit mois plus tard car finalement, on n'allait pas perdre grand chose et surtout on allait gagner en disponibilité pour vous deux, on allait gagner en temps de joie, on allait gagner en temps d'amour.
Ces lundis et mercredis uniques et particuliers resteront ancrés longtemps, si ce n'est pour toujours.
Comment ne pas apprécier de savoir prendre du temps avec ses enfants, de se mettre dans sa bulle, d'ouvrir une parenthèse enchantée pour quelque temps.
Dans un peu plus de deux semaines, tu prendras trois ans.
Les lundis pour maman, les mercredis pour papa et toutes ces joies supplémentaires accordées par deux journées supplémentaires dans la semaine, avec toi, avec ton Titi, avec vous deux, seront terminés.
Cette façon de vivre, plutôt au ralenti, à contre-courant d'autres familles qui ont fait le choix de continuer à travailler complètement, sera terminé.
On va repartir comme avant, à plein temps, mais avec plein de beaux moments en tête.
On va repartir comme avant, bien plus haut les cœurs car on réalise à quel point ces trois années auront été particulières.
Le tout est de repartir car ça revient comme le vélo ces choses-là. La vie, c'est un tourbillon, il suffit de se remettre dedans et c'est reparti.
On retourne dans le tourbillon de la vie mais bien conscients qu'il faut savoir le stopper un peu de temps en temps pour profiter et vivre. 
Ma toute petite, j'ai compris au moins ça tu sais, de prendre le temps, de temps en temps, de m'arrêter. De m'arrêter rien que pour vous.
Ma toute petite, tu as grandi, maman aussi et ce cœur de maman aussi.
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lundi 31 mars 2014

Prendre le temps. Même si ce n'est qu'un jour, une nuit.

Prendre le temps. C'est dommage, aujourd'hui, on le prend de moins en moins le temps. Moins de temps pour profiter des choses simples parce que notre vie sociale fait que toujours il faut se dépêcher, il faut se dépêcher le matin de préparer les enfants et de les déposer chez la nounou, il faut se dépêcher de rendre tel ou tel projet en heure et en temps car vite, ça presse, le temps, c'est de l'argent, il faut se dépêcher de rentrer le soir pour faire les devoirs, faire la cuisine et tout un tas d'autres choses que ce serait dommage de remettre au lendemain. 
La semaine est trop souvent, si ce n'est toujours, une course contre la montre ("course contre la montre", expression que je hais à un point +++ d'où certainement le fait que je n'ai pas de montre, simplement parce qu'au moins, en apparence, je ne suis pas esclave du temps).
Et puis alors, dans le milieu de la semaine dernière, cette proposition : "et si on allait à la mer ce week-end ?". Mais oui, une météo très favorable était prévue et même sans cette météo, j'ai eu cette envie subite d'aller à la mer et d'avoir cette possibilité de lâcher prise très vite.
Car aller à la mer et qui plus est à la maison de la plage, c'est la décompression assurée. Une fois la voiture garée, les valises descendues, ça y est, on sent la mer, on retrouve les odeurs chaleureuses et rassurantes de la maison qui est le point de ralliement de toute la famille l'été, on entend le bruit des vagues, là, juste derrière la dune.

Monter en haut de la dune et aller voir où en était la mer : ce fut notre occupation principale ce week-end.
Il y avait une forte marée, coefficient 107 le dimanche, et on ne se lassait pas d'aller vérifier la mer.
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dimanche 23 mars 2014

Érosion marine

En ces temps électoraux, que l'on décide de voter pour tel ou tel candidat, représentatif de tel ou tel parti ou sans étiquette, que l'on décide de voter blanc ou que l'on décide de ne pas voter, il y a pourtant un sujet sur lequel où nous pourrions tous, sans exception j'ose le croire, nous accorder : l'érosion marine.
Vous me demanderez peut-être pourquoi je vous parle de but en blanc de l'érosion marine ? 
Parce que même si nous n'avons pas essuyé de véritable gros coup de froid cette année, notre hiver plutôt doux aura été cependant ponctué par de nombreuses tempêtes et forts coups de vent qui ne sont pas restés sans conséquences. Et c'est notre littoral qui aura certainement été le plus impacté.

L'homme a beau vouloir construire de jolies maisons, des villas en bord de mer, qu'il soit conscient aussi que ce que l'homme prend au littoral, la mer et l'océan le reprennent un jour ou l'autre.

On a tous en tête des images assez controversées de la Côte Basque, de la Bretagne ou bien encore de la Manche qui ont essuyé ces nombreuses tempêtes l'hiver dernier. Des images controversées parce que l'homme a tendance à penser, voire à croire, qu'il peut aller, construire ou bon lui semble.

Le littoral manchois a changé. Il a reculé parce que la mer a creusé encore plus et qu'elle a empiété lourdement sur la côte à certains endroits. Alors, certaines collectivités souhaitent conserver leur littoral intact, du moins le protéger le plus possible. C'est un comportement plutôt honorable mais n'est-ce pas là un combat de David contre Goliath ? Pensez-vous réellement que les hommes puissent se croire plus forts que l'océan ?

Les photos suivantes ont été prises dans mon village natal, dans la Hague.
Ces photos parlent beaucoup. 
Avant, on ne voyait pas ces "stries" avant d'accéder à la plage.
Enfant, j'ai pris des goûters dans cette petite maisonnette.
Mais ça, c'était avant.
Depuis, la mer a repris ses droits, a repris son territoire, et depuis, l'homme fait pâle figure.
En trente ans, c'est un tout nouveau paysage que je découvre
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dimanche 16 mars 2014

Mon premier trail

Que de choses à mettre sur le papier, tant d'émotions qui se sont confondues : ce dimanche, c'était mon premier trail, le Trail de la Communauté Urbaine de Cherbourg, un trail que je n'aurais pas osé imaginer faire il y a de ça quelques mois.
Et puis ce déclic, certainement à l'automne dernier où participer pour la première fois aux Foulées de Cherbourg et les terminer avec un temps plutôt honorable, a fait que finalement je me suis dis un beau matin en voyant un encart dans la presse locale : "Pourquoi pas!". Pourquoi pas! On se le dit tous certainement souvent pour nous encourager mais ce jour là, je me souviens m'être dit "pourquoi pas" en pensant aussi que ce serait quand même, une nouvelle fois, un bel exploit, moi qui ai eu longtemps un rapport au sport ambigu.

A croire que l'idée a trotté dans ma tête, les fêtes de fin d'année se sont passées et avec janvier et ses bonnes résolutions, j'avais décidé d'aller courir au moins une fois par semaine, pour gagner en régularité et améliorer mon temps de course. Il m'arrivait jusqu'alors d'être trois semaines sans courir, chose qui devrait m'arriver beaucoup moins désormais : quand tu attrapes le virus de la course pour de bon, il ne te lâche plus vraiment paraît-il. En janvier, je décide donc en plus de mon cardio et zumba hebdomadaires, d'aller courir au moins une fois par semaine. J'ai tenu bon, je suis devenue régulière, j'ai augmenté mon temps de course et j'ai même vu certaines semaines courir deux fois alors que les semaines n'étaient pas pour autant allégées.

Mais voilà, la machine était lancée. Le 16 mars s'est rapproché. Mon frère avec qui j'allais participer à ce trail me demandait d'ailleurs quelquefois si je le faisais bien ce trail. Oui frérot, tu sais, je ne suis pas du genre à lâcher l'affaire en général, tu me connais.

Ce 16 mars est arrivé, la météo était extraordinaire et la deuxième édition du Trail de la Communauté Urbaine de Cherbourg était parfaitement organisée par l'Association Running Cherbourg. Tout le monde était heureux d'être là, rien que cela et de voir tous ces gens souriants et heureux, ça vaut son pesant d'or.
Le 30 km partait à 9h, le 12,2 km est parti à 10h15. J'ai vu mon géant de frère partir loin devant, "tant pis, j'y vais à mon rythme". On a commencé tout doux, à courir un peu plus d'un kilomètre sur du plat, puis semi-plat avant de commencer les choses sérieuses avec un parcours à zigzaguer entre les montées, les descentes qui te cassent bien ton rythme, ce à quatre, à cinq reprises avant d'arriver dans les "chemins" à proprement dit, pas si boueux (merci la météo - ou pas - de ces derniers jours qui a fait que les chemins n'étaient pas boueux mais seulement "terreux mous").
Je fais rapidement une petite erreur de parcours en partant sur la droite alors qu'il fallait entrer dans une petite forêt sur la gauche. Disons que ça descendait sur la droite, j'y croyais :-D
Je pars dans la forêt, les chemins sont à l'ombre, tiens, il y a un peu plus de boue. Et il y a un arbre tombé aussi, hop, je saute, mais je me vautre un peu car le tronc glissait, c'est pas grave, je ris, ça me rappelle quand on était gamin et qu'on en avait rien à faire de tomber et de se salir.
On continue sur un rythme de croisière même si je me concentrais très bien sur ma respiration pour prendre tout ce qu'il y avait à prendre dans les moments un peu plus compliqués.
Ah oui, entre temps, l'appli Nike Plus a une nouvelle fois buggé en m'annoncant que j'avais déjà fait 8km alors qu'on devait en être à 4. Tsssss.
Je commence à avoir vraiment chaud, il faisait un peu froid sur le port à 10h alors j'ai pas osé les manches courtes, j'ai même pris mes gants, on apprend de ces erreurs mais exit les gants à mi-parcours, hop on les enfile dans les manches longues que je remonte un peu, ça va déjà un peu mieux (psychologiquement, on fait avec ce qu'on a sous la main).
On est un peu plus seule aussi au fil de la course, les coureurs se démarquent et puis il y a ceux qui restent près de toi, qui sont un peu plus dans ton rythme. On finit une montée, un bénévole nous attend là-haut et nous dit "hop, on descend à gauche" : cool, un long escalier en bois qui descend à pic dans une semi-vallée, je souris, cool, ça va faire du bien ! En descendant, on croisait des gens qui remontaient, ils avaient l'air un peu mal, je me disais que c'était les coureurs du 30km, sauf que mon long escalier qui descendait, remontait de la même manière en face et que là-haut, nous attendait une dame qui nous mettait un coup de stabilo sur le dossard pour prouver que oui, oui, nous avions réalisé ce test des escaliers en bois qui montent et qui descendent, on était donc repartis de l'autre sens et il fallait continuer de sourire car une photographe nous attendait pour nous shooter un par un lorsqu'on renouvelait ce test des escaliers en bois ! Alors j'ai souri et j'étais repartie. Avant les escaliers, j'avais eu un vilain point de côté, soit à environ 9km. Le coup des escaliers m'a ramassé ce point de côté bizarrement.
On repart, on passe sur les hauteurs de Cherbourg-Octeville toujours dans les chemins, la vue surplombe la rade, la vue est dégagée, c'est superbe et ça motive ! On remonte encore un peu, c'est un peu dur quand même et le point de côté revient. J'appuie dessus (je ne sais absolument pas ce qu'il faut faire pour les points de côté, j'en ai eu très rarement), j'inspire et j'expire encore plus, j'ai quand même drôlement mal. Alors, je pense à autre chose, que "c'est joli par ici", qu'"on arrive bientôt dis donc", et "mon frérot, il trouve ça un peu dur aussi ?".
Et puis, il y a de plus en plus de bénévoles, parce qu'on retrouve de plus en plus les routes passantes, et les encouragements qui vont avec : "allez, c'est bientôt fini", "bravo, c'est super". Ces encouragements qui te donnent des ailes, tu es sur du plat, tu accélères un peu plus, oui, tu vas y arriver, ce trail auquel tu as osé participer et que tu rêves de terminer. Tiens, on est presque dans le centre-ville, la case départ et donc l'arrivée est bientôt là, en parcourant les petites rues, la distance paraît plus courte qu'une longue ligne droite bizarrement. Une dernière traversée dans le parc et là, ça y est, on te dit qu'il ne te reste plus que quelques mètres, tu commences à sourire tout le temps, tu es tellement heureux, je suis tellement heureuse ! J'arrive à moins de deux cent-mètres de l'arrivée, j'accélère encore plus, et là, il y a mon frérot qui a terminé, qui est souriant, qui est heureux et certainement heureux aussi de me voir terminer ce trail heureuse, à fond les ballons. Encore une photographe, quatre au total je crois sur le parcours, le sourire est moins difficile à arborer cette fois-ci, ça y est, tu y es "Bravo", "Félicitations", "Vous l'avez fait".

Oui, ça, je l'ai fait, je suis tellement heureuse et fière. 12.2km en 1h23, je n'en espérais pas tant. Mes jambes flagellaient à l'arrivée mais on était tellement heureux, on s'est ravitaillés (je n'ai jamais autant apprécié un jus de pomme je crois), on a pris des prospectus pour des prochaines courses en Normandie, on a pris des photos, je suis retournée manger des quartiers d'orange et puis on est repartis conquis. Conquis et persuadés qu'on refera ce trail, qu'on refera d'autres courses, qu'on s'arrêtera de courir que par la force des choses.

Il y a 6 mois, les premières Foulées, aujourd'hui, un trail, et dans 6 mois ?

Courir donne des ailes, sachez-le !
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