dimanche 2 février 2014

Embarquement immédiat pour la République Dominicaine

Embarquement immédiat mais pas si immédiat en fin de compte, c'est tout de même un sacré périple où tes jambes seront un peu menées à dure épreuve après plusieurs heures d'avion.
On faisait un stop à Port-au-Prince, Haïti. Des passagers descendaient et d'autres remonteraient, d'autres qui iraient simplement à Saint-Domingue voisin, ou bien qui rentreraient pour la plupart sur Paris.
Ce stop a duré assez longtemps. Le personnel de bord ne pouvait se prononcer sur la durée car ils ne peuvent prévoir le comportement des passagers. Et notamment : seraient-ils disciplinés ou non pendant le comptage ? Oui, le comptage, ça m'a fait quand même rire, cette idée qu'on était en fait des numéros, mais il fallait bien retrouver le même nombre de personnes à destination de Saint-Domingue entre notre départ de Paris et notre redécollage depuis Port-au-Prince (au cas où un petit malin aurait voulu aller se dégourdir les jambes sur le tarmac à côté d'un avion militaire des UN Nations. Si, si!). Sauf que c'était sans compter sur ce compatriote là, en tee-shirt rose, qui malgré le fait de lui répéter qu'il fallait qu'il reste à sa place parce que le personnel de bord procédait au comptage, ben non, le tee-shirt rose se baladait dans l'avion. Super. Alors, tous les autres passagers se rassuraient et parlaient les uns aux autres à propos de cet énergumène. Oui, il y a toujours ce genre d'énergumène qui font perdre du temps à tous. Et notamment au vol. Trois quarts d'heure de retard au décollage + trois quarts d'heure supplémentaires à Haïti, nous arrivions sur le sol dominicain 13 heures plus tard. Oui, quand je vous dis que les jambes douillent. Mais c'est pas grave, on avait déjà le sourire en allant récupérer nos bagages, les gens semblaient déjà tous très détendus, on commençait à voir plein de gens de couleur souriants et on était en tee-shirt (sauf qu'il était pas rose, hein).
Passer l'immigration prit encore un peu de temps entre la carte touristique à se procurer, les deux formulaires à compléter et enfin se faire dévisager à la douane. Mais bon, pas longtemps, car avec nos deux têtes blondes palotes aux yeux bleus, nous étions bien des Vikings qui venaient se faire cramer un petit peu.

Haïti, partie ouest de l'île et sa terre ocre pauvre caractéristique
La République Dominicaine, partie est de l'île beaucoup plus fertile
Et puis c'était presque la liberté, il fallait désormais trouver notre correspondant local qui nous aiguillerait vers notre navette pour rejoindre Samaná. Mes yeux bleus et ma blondeur feraient encore effet puisque deux Dominicains à la sécurité s'exclameraient "Hey, la Française, attention, il pleut dehors !"


Nous trouvons tout de suite notre correspondant qui nous dirige vers un petit minibus où nous ne serons que tous les deux rejoignant Samaná. Je vous avais bien dit que l'endroit était excentré, loin des hauts lieux touristiques. L'ambiance est lancée, le chauffeur et sa compagne nous accueille avec la musique dominicaine du soleil, j'ai l'impression d'être un peu à la zumba sauf que là, je ne transpire pas, limite j'ai un peu froid avec toute cette clim. Au début, on essayait de capter les environs, les paysages, mais comme il était 19 heures, qu'il faisait nuit, on s'est vite un peu endormis. Et puis, en arrivant vers la jungle, les odeurs avaient déjà changés, ça sentait bon et on était déjà ailleurs lorsqu'en traversant tous ces petits hameaux avec ces maisons à fleur de route, les Dominicains se retrouvaient entre eux dans quelques cafés du coin locaux, la différence étant que la musique vibrait très fort. Mais genre vraiment fort. Et puis, nous sommes arrivés à l'hôtel. C'est là que commençait le repos pour de bon, on a pris en charge nos valises, on nous a donné tout ce qu'il fallait à la réception pour notre séjour et surtout, on nous a dit que si on voulait dîner, c'était maintenant car le restaurant fermait dans une demie-heure.

Alors, un peu hagards, nous sommes entrés dans le vif du sujet, on était encore en jean, encore très palots et avions des têtes de déterrés mais on ne pensait déjà plus à rien, je suis d'ailleurs bien incapable de dire ce que j'ai mangé en premier dans cet hôtel. Sauf le vin, je m'en rappelle, mais c'était toujours le même vin rouge, alors bon.

Le lendemain, nous nous apprêtions à passer six jours et demi exceptionnels.
Je retiendrai avant tout la chaleur des Dominicains : ils sont très souriants, tellement souriants qu'ils pourraient se permettre de filer des sourires aux Français au passage, si gentils, si simples.
Les Dominicains ont moins de choses que nous. Moins de choses matérielles, moins de confort, moins de services mais ils ont cette faculté de tirer profit du peu dont ils disposent. Ils vivent simplement mais ils vivent. Ce séjour fut une nouvelle fois une belle leçon d'humanité et d'humilité. Dans notre société de tous les jours, on court et on court certainement pour du futile en fin de compte. Oui, c'est sûr, on a plus de choses qu'eux : on a deux voitures, on a un lave-vaisselle, une garde-robe plutôt fournie. Mais finalement, est-ce parce qu'on a la dernière Volvo, qu'on a réussi sa vie ? (Volvo = ma voiture de rêve si un jour j'avais plein d'argent).
Les Dominicains te remettent les pieds sur Terre.
Les Dominicains sont des gens simples, ils ne sont certainement pas tous heureux car s'il existait un pays des Bisounours ça se saurait certainement, mais ils transmettent tellement de chaleur qu'ils nous donneraient envie de vivre parmi eux.
Sinon, depuis, on regarde autrement nos biscottes pourries le matin
 
Dans tous les cas, nous sommes rentrés de ce séjour reboostés comme jamais. Le soleil en hiver, c'était une première, et en plus du soleil, nous y avons trouvé la chaleur humaine.
Vendredi soir à la zumba, nous avons dansé sur une chanson de ce pays. Bizarrement, la chaleur humaine est contagieuse car il m'a semblé que je souriais vraiment jusqu'aux oreilles quand je l'ai dansé.
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