A peine Saint-Lô terminé, on avait déjà en tête la prochaine course du dimanche suivant et pas des moindres :
- Le Trail de la CUC et le choix du plus long parcours : 26 km pour un dénivelé de 1000m
Le dimanche 13 mars, c'est avec presque autant de décontraction qu'à Saint-Lô que je me rends à Cherbourg.
Départ à 9h. Je récupère mon dossard, je ne vais pas m'échauffer : en trois heures de course mini, je pars du principe que les cinq premiers kilomètres seront de l'échauffement.
Je regarde les participants, on est plutôt nombreux (200 maxi à l'inscription, nous étions 100/120 ?) mais seulement 4 féminines sur ce départ.
On fait un coucou collectif au drone et puis c'est parti.
Les participants s'espacent rapidement, il y a de sacrées fusées en début de peloton, des fusées qu'on avait déjà bien repéré au départ, parce qu'on a les déjà vues lors de précédentes courses, et parce que ça se voit tout simplement (affûtage, équipement, œil du tigre,...).


A 12.5 km, le sentier, la rivière et puis le petit pont de bois barré d'une croix.
"Alors, on passe où ?" me suis-je demandé. Arrêt sur image plusieurs secondes, "je me suis trompée de chemin ou bien ?". Non, pas du tout : j'aperçois la dame environ 50 mètres plus bas sur l'autre rive de la rivière, elle me confirme qu'il faut aller se mouiller les pieds. Joie dans mon corps et très vite du froid : une eau d'une température digne d'une eau cherbourgeoise, on grimpe sur la rive et on est reparti pour 15km les pieds humides. Floc, floc, floc. On se distrait comme on peut.
Km 14 : ravitaillement. On s'arrête quelques instants : eau gazeuse, Tuc (ma passion du trail vient aussi de ma passion de manger des Tuc à 10h du mat' le dimanche), raisins secs et on discute un peu avec organisateurs et participants. Allez, il en reste un peu moins de la moitié, c'est ça ?
Je vous avoue, avec les pieds trempés, je me suis dit que ce serait encore bien long... (et puis mon pied pas vraiment à son top niveau sur lequel je forçais...).
Les prochains kilomètres sont longs. Je regarde ma montre trop souvent, je décompte les kilomètres trop souvent, j'ai mal aux jambes, elles commencent à me dire que c'est sans doute un peu trop de passer d'une sortie longue d'1h30 à plus de 3h sans transition.
Chutttt, considère cette sortie comme une promenade, si c'est trop dur à tel endroit, marche un peu, on ne t'en voudra pas. Alors, au lieu de regarder les kilomètres, je regarde ma fréquence cardiaque. Elle est plus optimiste, tu as mal mais ta fréquence est très correcte, tu es loin d'être en réelles difficultés.
C'est sans doute cette conclusion qui fait que je n'ai quasiment plus regardé les kilomètres ensuite.
La féminine qui était derrière moi a du me dépasser au km 22, je ne la récupérerai pas ensuite.
Je me suis retrouvée avec les deux hommes qui fermaient la course.
Je me souviens avoir demandé à un moment où nous étions car je n'en avais aucune idée, on était dans des petits chemins et je ne voyais pas l'ombre de Cherbourg à l'horizon.
"Si, Cherbourg n'est pas loin, on est à 3 km de l'arrivée à peu près".
On a alors retrouvé les hauteurs d'Octeville et les sentiers sur lesquels j'avais couru mon premier trail de 12.5km deux ans auparavant. Je me suis souvenue de ces satanés escaliers soudainement et espérais que les organisateurs ne nous referaient pas le coup des escaliers, sans trop y croire. Mais finalement, je n'aurais pas croisé ces abominables escaliers, seulement une bonne dizaine de marches pour ressortir des sentiers et se retrouver dans la ville.
On arrive au stade de football Maurice Postaire et surprise, j'aperçois mon mari au bout de la route avant la grande avenue et les trombines de mes petits trésors tout souriants dans la voiture.
Le sourire me revient avec cette phrase "je suis dernière mais je vais le terminer ce trail !".
3h07 à ma montre, je termine ces 26.7 kilomètres.
J'ai le sourire, le souffle revient vite, les jambes me tirent beaucoup plus.
La féminine qui m'avait dépassé revient vers moi à l'arrivée, me dit "Félicitations" et m'embrasse avec son large sourire d'une course accomplie également. On nous prend en photo toutes les deux et on file manger un morceau, il faut reprendre des forces rapidement après ces 1500 calories perdus en trois heures.
On discute, on se pose un peu et il est temps de reprendre la route...en voiture cette fois-ci, en ayant pris soin de bien se sécher les petons, la récompense étant d'aller retrouver toute ma petite famille au coin du feu chez papa et maman.
Un après-midi posé au coin du feu à raconter un peu tout ce que je viens d'écrire là.
Une soirée écourtée parce que je ne demandais que mon lit et dormir beaucoup.
Belote, le lundi soir.
Rebelote le mardi soir.
Des gros dodos pour récupérer. Reprendre des forces également en s'alimentant correctement, le lendemain d'une course comme celle-ci, tu aurais tendance à te jeter sur n'importe quoi, personnellement, je reste un estomac sur pattes pendant au moins 24 heures, à avoir besoin d'avaler quelque chose mini toutes les deux heures.
Et puis cette fois-ci, il y a eu le pied malmené. Il tiraillait depuis une quinzaine de jours, j'avais cette impression d'avoir cette ampoule, mais interne, à l'arrière du pied. Douleur décuplé avec les chaussures de trail, que j'utilisais donc sur cette course.
Les deux jours d'après le Trail de la CUC, le pied a gonflé fortement + œdème.
Le mercredi, je suis allée consulter, verdict : tendinite. Plutôt prise à temps car au pincement, je n'ai pas de réelle douleur. J'ai été soulagée lorsque le médecin m'a annoncé : "ce sera minimum sept jours d'arrêt". Et à moi de penser : "ouf, seulement sept jours" (le penser est déjà une chose, l'écrire me confirme que je dois être véritablement Barjo en un sens...).
à + 6 jours du Trail de la CUC, les courbatures aux cuisses des lundis et mardis sont bien sûr reparties, l’œdème aussi s'est fait la malle, et on soigne cette tendinite par des massages et anti-inflammatoires.
Dimanche, on rechaussera les chaussures de courses (celles de trail resteront au placard jusqu'au 24 avril) et on alignera de nouveau les kilomètres, crescendo, en restant vigilant à l'appel du pied, si appel du pied il y a.
Le Trail de la CUC, j'ai adoré cette course, notamment le parcours : superbe, varié et plutôt très technique. Avec du recul, peut-être avais-je visé un peu haut d'inclure une telle course dans ma prépa marathon avec le risque de me faire des bobos. Le trail reste exigeant mais je voulais surtout savoir où j'en étais niveau mental, savoir si je ne me découragerais pas si facilement. Et en cela, le trail de Cherbourg m'a rassuré. Pour Düsseldorf, le mental semble plutôt prêt, les jambes sont bien parties également, alors s'il te plaît gentil pied, reste dans le jeu toi aussi.
Voir la vidéo sur le blog de l'Amicale Sportive du Bowling de Cherbourg