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mercredi 28 septembre 2016

Le goûter sur la dune

Photo par Tata M.
Maman était partie courir, on était avec Tata M. 
On est partis sur la plage, on a revu les chars à voile qu'on avait déjà vu avec maman tout à l'heure mais sauf que cette fois-ci, Tata M. a dit qu'on allait faire un château d'algues près de l'eau.
Le château d'algues dans l'eau, c'est rigolo, car il y a plein d'eau, qui s'en va et qui revient.
Je commençais à être toute mouillée mais je m'en fichais, c'était rigolo je disais.
Après s'être vraiment bien amusés, on est remontés avec Tata et mon grand frère, remontés vers la maison pour préparer le goûter.
Pour se sécher un peu aussi, on était tout mouillés après le château d'algues.
Tata a enlevé mon petit short et finalement je suis restée en culotte, j'étais bien en culotte.
On a pris la corbeille à pain, sauf qu'on en a fait une corbeille à goûter, qu'on a mis nos bananes, nos chocos et nos têtes brulées dedans.
Et puis je suis repartie avec Tata et mon frère en haut de la dune.

On s'est installés, bien au chaud, à l'abri du vent un peu froid et puis on a commencé à manger.


Tata nous avait fait une citronnade aussi.

Quelqu'un se baigne les pieds là-bas. Elle lève les bras. "C'est maman !" On lui fait coucou. Elle revient en courant depuis la mer et elle s'assoit avec nous.
Elle discute avec Tata, je lui raconte que Tata, elle a craché sa tête brulée. Je rigole, ben oui, ça pique les têtes brulées.
J'ai du sable plein les doigts, notre goûter est "craquant" comme dirait mon frère.
Je demande à Tata qu'elle me donne du citron. Elle me fait répéter. Oui, je sais, j'ai pas dit le mot magique mais le goûter sur la dune, c'est pas comme d'habitude.
D'ailleurs d'habitude, j'aime pas trop ce type de chocos. Mais comme c'est pas comme d'habitude, j'en ai redemandé un autre. Avec le mot magique par contre.
Après, on devait rentrer. On a fait des grands coucous à Tata de la voiture et puis on était tous contents je crois, maman, mon frère et moi, la musique était silencieuse dans la voiture, on repensait fort à cet après-midi et même que j'ai tout raconté à papa le soir dans la douche.
C'était bien cet après-midi, même que le soir, on a aussi mangé une mousse au chocolat.


Tu as aimé cette chronique ? Tu peux relire "Le Temps volé de Marjolaine"
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mardi 12 juillet 2016

La dernière mamie

L'ordre des choses dira-t-on.
92 ans et partie sans souffrances. C'est loin des 51 et des longues semaines de combat.
Des flashs, des étincelles, tous ces souvenirs enfouis de l'enfance, quelque part, plus ou moins loin, qui resurgissent. 
Les journées ensoleillées au terrain où vous posiez vos deux caravanes et les deux auvents pendant trois, quatre mois, aux beaux jours.
Cette balançoire et surtout la petite carriole qui servait à transporter les branchages ou les parterres de fleurs fanées mais dans laquelle on sautait et que l'un de nous, avec les frangins, tirait. Entre deux, on venait se désaltérer sous le auvent, vous étiez avec papa et maman, un tonton, une tata et plus souvent avec encore d'autres personnes. Mamie montait sur la petite marche pour aller dans la caravane nous rapporter une boisson fraîche du petit frigo, ou bien elle se rendait directement à l'extérieur, sous la caravane, où elle gardait les boissons au frais dans une bassine recouverte de torchons.
En juillet, il y avait le Tour de France sur la petite télé en fond sonore.
Il y avait aussi cette odeur bien particulière des journées d'été, des journées passées à prendre le temps sous le auvent où il faisait toujours tiède.
Cette odeur qui me rappellera toujours un coin de mon enfance.
Comme les bijoux en or, avec des perles, qui m'ont toujours fait penser à toi, même plus grande aujourd'hui.
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mercredi 11 mai 2016

Le "temps volé" de Marjolaine



Hier soir, j'ai lu le "temps volé" sur Marjolie Maman.
C'était juste avant de me coucher et j'ai bien aimé m'endormir avec cette jolie philosophie de vie.
Par ici aussi, on essaie le plus possible de relâcher de temps en temps. De temps en temps mais certainement pas encore suffisamment.
Cet après-midi, en revenant d'un rendez-vous chez le médecin, j'ai repensé au "temps volé" dans la voiture. Il faisait bon dehors, il y avait encore un peu de temps avant l'entraînement de foot alors pourquoi ne pas se prendre du temps, maintenant ?
Je suis allée préparé des sandwichs à la brioche avec des carrés de chocolat (comme ceux que me faisait ma mamie sauf qu'avec le chocolat, c'était de la baguette et plein de beurre ), on a enfilé les shorts, mis les nu-pieds et on a pris la direction de la mer.

On a chanté "Papaoutai" avec le grand sauf qu'on a remplacé par "le sourire ou tai", car le sourire de la petite sœur était allé se planquer dans la poche depuis le midi.
On est montés en haut de la dune pour manger nos sandwichs.
Et puis on a marché jusqu'à la mer pour tremper les pieds, ramasser les coquillages et se sentir loin de tout.
Une heure et demie. On s'est accordés une heure et demie pour oublier un peu la routine et se créer de nouveaux souvenirs uniques.
Parce que plus que du temps volé, c'est du temps pour vivre qu'on a pris.
Et bizarrement, la petite avait retrouvé son sourire.


Merci Marjolaine pour cette piqûre de rappel ♥

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mardi 12 janvier 2016

Les dunes

Cet après-midi là, on devait aller au cinéma. C'était l'avant dernier jour de l'année et finalement, il n'allait plus faire si mauvais dehors alors plutôt que d'aller s'enfermer, on décidait de mettre les bottes dans le coffre et de rejoindre les dunes dix minutes plus tard.
Il faisait frais, le vent soufflait en provenance de la mer, en provenance de Jersey qu'on apercevait bien, on ressortait pour la première fois de la saison les écharpes et les gants et on emportait avec nous le goûter pour tenter de le manger là-bas, de l'autre côté des dunes.
 

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mercredi 4 novembre 2015

"Il faudra acheter une cheminée"

Les premiers catalogues ont été reçus début octobre. En vrai, ils n'ont pas été parcourus tout de suite, ils ont été planqués, on a beau être prévoyant, regarder déjà les jouets de Noël début octobre, faut pas pousser mémé dans les orties.
D'autres catalogues ont suivi, un peu plus tard. On a ressorti les premiers, à croire que l'idée avait cheminé dans la tête.
Les premières envies, une première liste avec cependant un peu moins de spontanéité que les autres années :

"une liste, pour quoi faire ?"

Car oui, en CM1, on est un peu plus sérieux et cette année, vous n'allez pas me faire croire que c'est le vieil homme à la barbe blanche qui me dépose les paquets dans mes souliers.
Bien sûr, on l'admet, mais ta petite sœur est là, chut, ne dis rien, en maternelle, c'est autre chose et pour tous ses camarades c'est pareil aussi.

Les journées passent, les catalogues sont vus et revus, on ajoute encore ça et ça à la liste, mine de rien.
Et puis dimanche soir, "mine de rien", cette phrase lancée gratuitement et d'un ton tellement nonchalant alors que la petite sœur faisait son monologue en bout de table en mangeant : 

"Pffff, de toute façon, le Père Noël, il existe pas".


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lundi 3 août 2015

Le Centre de loisirs

Crédit Photo : Page Facebook des mini-camps du centre de loisirs
Jeudi soir, il y avait la veillée au centre de loisirs des enfants. 
La veillée est un véritable moment d'échanges entre les parents, l'équipe d'animation et les enfants, un moment convivial partagé autour d'un verre et d'un grand barbecue pour se connaître un peu plus tous ensemble. L'occasion pour les enfants de présenter cette année des chorégraphies estivales et un spectacle de djembé et pour l'équipe d'animation de faire une rétrospective sur ce mois de juillet déjà écoulé.
En fin de soirée, les enfants ont la possibilité de rester sur place et de dormir sous tente. Les parents ne récupéreraient alors leurs petits bouts que le lendemain soir.
Notre grand, parti en mini-camp "Ecole de cirque", toujours par le biais du centre de loisirs, ne serait pas à cette veillée. On l'explique à sa petite sœur bien en amont, une semaine avant : "tu sais, dans une semaine, on emmènera un duvet, ton pyjama, ton doudou et tu resteras à dormir au centre sous la tente avec tes copines, ça va être bien, hein ?". Ce n'était pas gagné mais jeudi soir, elle est bien restée à dormir sous la tente. C'était loin d'être gagné mais on faisait confiance à l'équipe d'animation qu'on a toujours trouvée formidable, une équipe d'animation passionnée, dévouée, pleine d'humour et de bonne humeur.

Le centre de loisirs, il se trouve à trente kilomètres de la maison. C'est celui qui se trouve à côté du bureau. Non pas qu'il n'y ait pas de centre près de la maison, non, il y en a même deux. Mais le centre de loisirs près du bureau, il a ce truc bien spécial qui fait qu'on a préféré inscrire nos enfants dans ce centre plutôt que dans les deux autres où l’atmosphère ne nous a simplement jamais semblée couler de source.
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dimanche 14 juin 2015

"Juste un tour"

Etre parent, c'est fascinant.
Ce dimanche, on décidait d'aller à la fête locale, pour aller faire un tour au vide-grenier (histoire de faire un tour justement) (des vide-greniers qui sont devenus des vide-bébés mais ça c'est une autre histoire), pour rapporter des frites pour le barbecue du midi et pour que les enfants fassent un tour de manège.

Une heure plus tard, le tour de vide-grenier effectué, quatre livres de poche à 1€ pièce dans les mains, on fait la queue pour acheter les frites. Et puis, on voit un ami et ses deux filles. Il est en terrasse, il boit un coup. Le barbecue du midi se transforme en sandwichs à la saucisse et barquettes de frites en terrasse (avec un coup). C'est super bien aussi. On discute beaucoup et puis on se dit qu'on va quand même rentrer. Notre ami va au manège avec ses filles : "ouais mais non, sinon, on va encore rester une heure".

Alors on s'en va.

Mais comme il est déjà bien plus tard que onze heures, quand on repasse devant le manège, il est ouvert cette fois-ci.
"Bon allez juste un tour" (les parents ne seraient-ils pas faibles ?)

Mais,

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jeudi 28 mai 2015

Le mois de mai

Je ne l'ai pas vu tout de suite.
Une fois sortis de la médiathèque, avec nos livres et notre CD de comptines sous le bras, ce n'est seulement que deux ou trois jours après que je suis tombée sur cette couverture d'un des livres empruntés par fiston.
J'ai souri d'abord, réfléchi un petit peu ensuite, je l'ai montré à son papa le soir. 

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mardi 21 avril 2015

4 ans

Tu es née ce premier jour du signe du Taureau, à 4h37.
Ton papa voulait que tu sois Taureau, pas un Bélier comme ta maman. Ta maman a déjà un sacré caractère, alors deux sacrés caractères dans la maison, on évitera.
Tu as certainement entendu tout ce qu'on blaguait à ce propos lorsque tu étais dans le ventre alors tu es née Taureau ET tu as un sacré caractère. 
De toute manière, tous les deux, on ne croit pas trop aux signes astrologiques, on sait surtout que les chiens ne font pas des chats.

Tu as du caractère et ce n'est pas toujours facile. 
Tu vis à 200% et cette première année de maternelle, tu as certainement pris beaucoup d'assurance avec l'école et tu tentes toujours plus de savoir où sont les limites. 
Et ça fait partie de l'éducation finalement, de poser les limites pour son enfant. 
C'est seulement que ton grand frère n'a jamais éprouvé le besoin de tester autant son papa et sa maman. 
Mais un enfant ne fait pas l'autre, et surtout, on ne compare pas un enfant à l'autre. 
Tous les jours, on apprend avec ton papa, on apprend à te faire grandir.

On n'aime pas trop lorsque tu commences par crier le matin parce que tu ne veux pas t'habiller tout de suite.
On n'aime pas trop lorsque tu en as sans arrêt après ton frère ou que tu ne veux pas qu'il touche à tes affaires. "Nan, c'est à moiiiiiiiiii, c'est pas à toiiiiiiiiiiiiii".
On n'aime pas trop lorsqu'on part en promenade mais que cinq minutes plus tard, tu t'arrêtes, tu boudes et puis tu pleures parce que tu veux plus avancer, tu en as déjà assez (Merci papa de promener 19 kilos sur les épaules pour qu'on continue malgré tout de se promener).
On n'aime pas trop lorsque tu débarques le dimanche dans notre chambre à 7h10.
On n'aime pas trop t'entendre encore crier parce qu'il faut prendre la douche.

Mais il y a tout de même beaucoup de choses qu'on aime, toutes ces choses qui font que l'éducation, c'est difficile mais très beau aussi. 

J'ai aimé t'avoir vu évoluer cette année avec l'école et ton langage toujours plus diversifié. Ce n'était pas gagné, de ce point de vue, tu avais voulu prendre ton temps.
J'aime t'entendre chanter sur les CD de la médiathèque, sur des chansons que je ne connaissais pas encore mais que toi tu connais et que tu chantes avec tant de concentration et de précision.
J'aime te voir jouer à la poupée de plus en plus. Tu t'en fichais jusque là mais quelle autre chose plus mignonne que de te voir faire le lit de ta dame Pinipon avec les coussins et le plaid du canapé.
J'ai aimé entendre "Babie" longtemps plutôt que "Barbie" au début de l'année scolaire.
J'ai aimé te récupérer ce vendredi après-midi à l'école lors du carnaval, tu avais ce costume Spiderman qui appartenait à ton frère, toutes les autres petites filles étaient en princesse mais toi, tu avais les gros pectoraux de Spiderman, ça t'allait bien et j'ai souri beaucoup.
J'aime tes yeux pétillants de petite fille lorsque tu  me regardes en train de me mettre de la crème ou du mascara dans la salle de bains.
J'aime quand tu arrives près de moi pour me prendre la main et continuer de marcher ainsi main dans la main avec ce sentiment d'être si heureuse là, tout de suite, maintenant avec ta main de petite fille tellement chaleureuse dans la mienne.
J'aime quand tu me dis, depuis quelques semaines, ces "T'es belle maman" sortis de nulle-part.
On pensera ce qu'on voudra de Dora mais j'aime t'entendre lui répondre comme si elle était en face de toi pour de vrai et j'ai aimé t'entendre dire très fort chez le pharmacien de garde il y a deux semaines, alors qu'il y avait 8 personnes derrière nous, qu'est ce que j'ai aimé lorsque tu n'arrêtais de crier devant le livre du pharmacien "Chipeur, arrête de chiper !". J'avais envie d'éclater de rire, tu n'étais pas bien, tu avais une grosse conjonctivite mais tu criais quand même après Chipeur. Et ça faisait du bien de relâcher un peu.
J'aime t'entendre dire, souvent, après qu'on ait fait une activité : "c'était bien !"
J'aime lire le vendredi soir que tu as encore gardé cette semaine tous tes soleils à l'école.
Je voudrais encore un peu plus longtemps entendre les mots "vasses" et "pêsses" plutôt que ceux des plus grands.

Il y a des choses qu'on aime pas mais finalement, il y a plus de choses qu'on aime. 
On t'aime simplement toi, comme tu es et tu vas voir, ce soir aussi tu diras "c'était bien !"
♥ Joyeux anniversaire Choupinette ♥
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mercredi 15 avril 2015

ECLA(t)S de vie

ECLAS. ECLAS est une association dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à l'été dernier, cet été 2014 où des amis très proches ont été touchés par ce qui peut arriver de pire pour des parents.

Début juillet est né Louis. Louis n'a pas pu rester dans sa maternité de proximité, il a été transféré tout de suite vers une clinique plus importante car Louis ne pouvait pas respirer naturellement.
S'en sont ensuivis de longs moments d'attente, de doutes, de questionnements, pour tâcher de savoir pourquoi Louis ne pouvait pas respirer par lui-même.
Le voile s'est levé quinze jours plus tard : Louis était atteint d'une maladie génétique dégénérative : l'amyotrophie spinale de type 1.
Et c'est de cette maladie que succombera Louis trois semaines plus tard.

Une épreuve bien trop lourde pour des nouveaux parents, on se sent concerné, on se projette forcément.
Bien sûr, plus de sept mois après, les blessures provoquées par cette épreuve ne sont pas pansées et elles ne le seront jamais. Mais malgré tout ça, la vie continue, il faut rester fort pour le grand frère qui est là, très présent, pour le conjoint, pour la famille et pour lui, Louis, qui aurait voulu que sa famille continue de vivre heureux.
Dans cette épreuve, il y a aussi les autres autour qui sont importants. Je pense aux amis certainement, à la famille mais aussi à d'autres personnes qui ont été touchés par la même épreuve et avec lesquels il est bon d'échanger aussi de temps en temps parce que ces personnes comprennent tellement plus.

Et dans ces personnes, il y a Laure, Laure Lemonnyer qui a crée l'association ECLAS, ensemble contre l'amyotrophie spinale. Un joli portrait lui avait été consacré ici
L'association regroupe des membres qui ont connu ce qu'il y a de pire. Mais pas que. L'association approche aussi de plus en plus de nouvelles personnes afin de faire connaître la maladie.

Aujourd'hui, 15 avril 2015, ECLAS lance une grande campagne de communication (via les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Instagram notamment) afin qu'ECLAS soit connu du grand public, qu'il est la curiosité de se connecter sur le site internet afin d'en savoir un peu plus sur cette belle association.
La campagne consiste simplement à préparer :

  • soit une photo de soi avec ECLAS écrit sur sa main
  • soit une photo d'ECLAS écrit sur une feuille de papier ou tout autre support et dans n'importe quel environnement.
Puis de publier cette photo sur un des réseaux cités ci-dessus avec ce texte : 

"Un sourire, un selfie : tous ensemble avec ECLAS !"

et/ou tout simplement leur site internet : www.eclas.fr

Pour Louis, 
Pour ceux qui se battent aujourd'hui pour vivre,
Et pour tous les autres anges.
Pour toujours ♥
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lundi 1 décembre 2014

Décembre, le cœur léger

Bizarrement ce lundi a débuté moins chafouin que d'habitude. 
Ce lundi, c'est le 1er décembre et dès le lever ce matin, j'ai pensé à ces deux calendriers qui attendaient sagement d'être enfin ouverts par les enfants, j'ai pensé à ces trois semaines qu'il restait afin de pouvoir lever un peu plus le pied, j'ai pensé à ces quatre semaines à venir remplies de lumières, de couleurs, de douceur, de rêves, de famille encore plus.

Non pas que novembre ne se soit pas bien passé, on a eu quelques belles journées d'automne à profiter en extérieur des arbres de toutes les couleurs et de cette lumière un peu plus tamisée propre à la saison, on a eu les premiers tournois du foot du grand si motivé à s'y rendre le samedi matin, on a eu les premières raclettes, on a testé un super restaurant dont je parlerai bientôt par ici.

Mais en novembre, on a eu aussi une visite à l'hôpital. On aime bien l'automne mais on sait aussi que revient toujours à cette saison les maux respiratoires de la petite. On a attaqué la troisième saison avec un petit coup de masse sur la tête lorsqu'on a su qu'elle avait un début de pneumonie. Cela fait trois semaines qu'on la soigne, qu'on la surveille. On nous a rassurés en nous disant que ça se soignait bien mais qu'il fallait surveiller. Alors on la surveille, tout semble rentrer dans l'ordre petit à petit, à force d'un traitement antibiotique double, de séances de kinésithérapie, le baby-haler et tout le tralala qui ont repris leur place dans la salle de bains. Mais tu vas déjà bien mieux : tu dors de nouveau la nuit, tu remanges un peu plus et les tours de chipie c'est reparti. Mercredi, on va s'assurer que tout est rentré dans l'ordre, on croise les doigts.


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mardi 28 octobre 2014

Un peu plus durs aujourd'hui ?

C'est les vacances pour eux. Ou plutôt, les enfants sont libérés de l'école pendant deux semaines. Deux semaines pendant lesquelles vous aurez navigué entre votre nounou, le super centre de loisirs près du travail de maman et papy et mamie pendant cinq jours.
Cinq précieux petits jours car ils auront eu au moins le mérite de vraiment marquer vos vacances.
Cinq jours à vous lever quand vous voulez, cinq jours à jouer à quoi bon vous semble, cinq jours à vous faire gâter et même une journée de camping-car.

Et ça m'a un peu apaisée de vous savoir là-bas à faire tout ça, à profiter.

Non pas que vous ne profitez pas lorsque vous êtes chez nounou ou au centre mais c'est juste que ces jours là, ça ressemble trop à vos journées d'école.
Papa et maman vous réveillent à la même heure le matin, papa et maman sont avec du recul toujours très pressés et vous voilà partis pour une journée de centre de 8h à 18h.
Les soirées ont été tendues depuis septembre. Le temps de vous récupérer fatigués, de faire le trajet, d'arriver à la maison un peu avant 19h, de faire la toilette, vous mettre en pyjama, de faire les leçons, de préparer à manger et encore beaucoup d'autres choses.

Et là dedans, maman ou papa toujours trop pressés parce que la vie d'aujourd'hui va vite, trop vite.

Depuis septembre, ça n'a pas été facile. Vous vous chamaillez beaucoup et jouez peu de temps calmement ensemble et le peu de temps passé à la maison, on l'a passé trop souvent à hausser le ton parce que vous étiez fatigués, parce que toi avait piqué un truc à l'autre, parce que nous étions fatigués aussi en fin de compte de vivre cette routine pas si souvent tranquille.
Il y a eu les poux aussi, trop longtemps.
Il y a eu les premiers froids et les premières petites maladies et ces nuits à moins dormir.

Mais toujours, il fallait repartir de plus belle le matin, repartir pour une nouvelle journée en faisant fi de tous les désagréments.
En tant qu'adulte, on parvient plus ou moins à faire en sorte que la journée se passe du mieux qu'il soit.
Enfant, c'est certainement plus compliqué. La fatigue se cumule, vos sautes d'humeurs avec.

Aujourd'hui, on relativise parce que quelque part, quand des enfants se chamaillent, c'est aussi le signe que tout va bien, en tout cas pas si mal.
Et puis, accordons-nous à dire que notre vie d'aujourd'hui, qui débute très tôt le matin et se termine souvent tard le soir, n'est pas des plus adaptées pour nos enfants.
On les réveille tôt, on les presse involontairement parce que de toute manière, on a tendance à courir naturellement et puis on voudrait toujours que cette deuxième partie de journée le soir se déroule toujours bien.
Parce que nous parents, et vous enfants, on a tous déjà fait une première sacrée journée.
Aujourd'hui, nos journées sont très chargées, trop chargées et on n'y peut pas vraiment grand chose.

Non, les enfants d'aujourd'hui ne sont pas plus durs.
Ils sont juste intégrés dans une vie toujours plus rapide, toujours plus chargée. 




"L'enfance est une chose étrange, à la fois adorable et exténuante, un trésor et un chaos"
Christian Bobin
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mercredi 30 juillet 2014

Sept ans

Il y a sept ans, l'été était chaud, beau et quand tu es arrivé, on avait l'impression que ta maman bronzée revenait de vacances.
Il y a sept ans, on partait pour la première fois en vacances à trois, on était partis dans le Périgord, hors-saison, c'était bien, sauf qu'on n'avait pas osé aller au restaurant une seule fois dîner. Sans doute que le couffin nous semblait osé à cette époque et qu'on avait surtout peur de déranger les autres gens.
Petit bébé calme, tu as grandi tranquillement, à ton image, sans aller trop vite, « petit pépère tranquille » on t'appelait, ça tranquille, tu l'étais, tu dormais beaucoup, des grosses nuits, des grosses siestes et tu allais à ton rythme, doucement, un bébé comme tous les parents rêveraient d' avoir.
La crèche un peu plus de deux ans, une équipe dont on se souvient encore souvent et certaines puéricultrices qu'on recroise de temps en temps. Tu t'en souviens si peu désormais, il faut te remontrer les photos pour te ramener dans cet univers de bébé.
Et puis l'école. Ta première amoureuse, avant même d'avoir pris l'école d'ailleurs, tu l'avais rencontré au bal du 14 juillet avant la rentrée de septembre, tu allais avoir juste trois ans.
Ton premier cartable, tes premiers vrais dessins, ton premier spectacle, tes premiers goûters d'anniversaire, tes premières évaluations, tes premières récréations.
Et puis ta petite sœur. Tu avais trois ans et demi. Il a fallu que tu retrouves une place, tu as pensé et il t'arrive encore de penser qu'on accorde plus d'importance à ta petite sœur qu'à toi. C'était peut-être vrai quand elle est arrivée, c'était un bébé, et un bébé un peu moins pépère que toi, vois-tu. Et puis ta sœur est omniprésente, « c'est A. » ci, « c'est A. » ça comme elle le dit si facilement à tour de bras, ta sœur parle d'elle à la troisième personne, ça passera, elle doit apprendre encore beaucoup.
Alors, on ne t'a pas moins aimé, c'est faux tout ça, et on essaie de te faire plus de câlins pour te le montrer, on te dit un peu plus que c'est bien tout ce que tu as fait cette année de CP.
Et cette année, tu as encore plus grandi.
Par exemple, tu ne nous parlais plus de ton amoureuse et puis un après-midi, maman a retrouvé une lettre d'amour adressée à une certaine J. . Je l'ai forcément montré à Papa le soir car ça fait bizarre de voir des sentiments d'enfants écrits noir sur blanc, enfin, surtout parce que tu es sans aucun doute encore mon petit bébé dans ma tête.
Tu as appris beaucoup de choses cette année, ça nous a fait un peu peur, de la fierté aussi mais des questions forcément.
Tu t'es chamaillé un peu plus avec ta sœur mais en contre-partie, on a le droit à de sacrés fous-rires aussi.
Quand tes mamies et tes tatas t'ont donné des sous pour te récompenser pour l'école, la première chose que tu as voulu acheter quand on est allé faire les courses au supermarché la semaine suivante, c'est un livre de sudokus, ça nous a laissé une nouvelle fois songeurs ton papa et moi. Mais il t'en reste encore des sous, tu t'achèteras de vrais souvenirs de vacances, promets-nous.
Et puis, tu es parti pour la première fois en mini-camp aussi. Juste un texto de la part de la référente du camp dans la semaine pour nous dire que tout se passait bien. Cinq jours loin de nous avec seulement un texto.
Cinq jours en autonomie où tout s'est bien passé,



Un peu comme ces sept années passées qui ont bien vite défilé et qui nous laissent de sacrés souvenirs ancrés.


Le temps qui passe, un peu comme ce sable que tu veux nous donner et qui s'en va au gré du vent.


Vendredi prochain, en repensant à ces sept ans, il y aura de la nostalgie, c'est certain mais il y aura de la fête aussi, beaucoup de fête tu verras, on ne l'oubliera pas ton anniversaire, ne t'inquiète pas.

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lundi 23 juin 2014

Devenir parent, c'est devenir différent ?

Nous étions tous les deux d'accord sur le fait qu'avoir des enfants ne nous empêcherait pas de sortir : nous continuerions d'aller chez des amis ou à des plus grands rassemblements avec nos enfants sans chercher à les faire garder à tout prix. On a laissé dormir nos bébés très tôt dans des salles des fêtes où on fêtait par exemple très fort l'anniversaire d'un ami, notre bébé pourrait après dormir où bon lui semblerait sans jamais exiger d'être chez lui pour s'endormir. Cela a fonctionné, on les emmène partout nos enfants, ils trouvent leur place en général partout, recevoir une invitation ne deviendra pas un casse-tête pour savoir qui viendrait garder les enfants.


J'entends dire que certains couples qui ont des enfants fonctionnent différemment. Que dès lors qu'ils deviennent parents, ils se replient un peu sur eux-mêmes avec leur bébé et sortent moins. "Parce que c'est compliqué", "parce que c'est trop bruyant pour le bébé". Il y a plusieurs mois déjà, j'avais eu une longue discussion avec un collègue qui affirmait qu'avoir des enfants ne lui faisait absolument pas envie parce qu'avoir des enfants change ta vie du tout au tout, ta vie se transforme, ton couple se transforme, ton couple se perd pour se focaliser sur l'enfant et ta vie sera à jamais consacrée à ton enfant, tu te responsabilises tellement en ayant un enfant.

Il n'a pas tort, il a même plutôt raison. Le couple en revanche peut ne pas trop changer : à partir du moment où vous partez tous les deux sur la même longueur d'ondes lorsque vous décidez d'avoir un enfant et que vous continuez malgré l'enfant à conserver des moments rien qu'à deux, il n'y a pas de raison de se focaliser exclusivement sur l'enfant. Mais le sujet est délicat, on a certainement tous un couple autour de nous qui s'est séparé "parce qu'avec les enfants, c'était différent". Et ça peut faire peur. Ce collègue me disait "comment savoir si tu fais des enfants avec la bonne personne, celle avec qui tu resteras toute sa vie ?".

C'est compliqué, c'est un point sur lequel on ne peut jamais être certain. Et je peux comprendre que certains adultes fassent le choix de ne pas avoir d'enfants. J'ai entendu déjà plusieurs fois des couples qui décidaient de continuer à vivre rien que pour eux, sans enfants. En devenant parent, on peut effectivement laisser pour compte son couple et sa personne.

Laisser pour compte sa personne :
Mes enfants et leur papa passent effectivement en premier : c'est d'abord pour eux que je cuisine, d'abord pour eux que je fais les boutiques. Il y a d'ailleurs belle lurette que je ne suis pas allée rien que pour moi faire du shopping. 
On me l'a beaucoup dit cet hiver "prends du temps pour toi un peu, pense à toi". En devenant parent, la vie est encore plus accélérée et on aurait tendance à s'oublier, à penser d'abord aux autres qu'à soi. Ce n'est pas un mal en soi, c'est certainement d'ailleurs plutôt sain je crois comme comportement mais le tout est de savoir trouver un juste milieu, un équilibre entre le "vivre pour les autres" et le "vivre pour soi".

Laisser pour compte son couple :

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mardi 27 mai 2014

Quand tous les parents d'élèves démissionnent.

Depuis dimanche, même sans vouloir allumer la télé et la radio, on ne pouvait passer à côté de toutes les inepties qui viennent de secouer le monde politique (mince, tu le savais Anne-Claire que c'était sans compter sur Twitter pour rester tranquillement dans ta grotte). Ce soir encore, alors que je me rendais simplement à une réunion extraordinaire parents d'élèves/professeurs pour valider une proposition de la communauté de communes sur les nouveaux rythmes scolaires dont nous avons pris connaissance jeudi dernier, je ne pensais pas être encore une fois bousculée.

En octobre dernier, j'avais pourtant reçu un appel du maire de la commune voisine qui me demandait de faire partie d'un groupe de travail qui réfléchirait tout au long de l'année à la manière d'instaurer correctement les nouveaux rythmes scolaires. Si vous n'en avez pas entendu parler, c'est que vous vivez bien dans une grotte mais pour résumer, il s'agit de réintégrer une demie-matinée d'étude pour les élèves, soit le mercredi matin, soit le samedi matin, en allégeant quelque peu les journées d'études du reste de la semaine et en proposant pour ces journées complètes des activités optionnelles, les fameuses TAP (Temps d'Activités Périscolaires).

En octobre dernier, je trouvais que ça commençait plutôt bien : même si une grande majorité ne comprend pas toujours bien cette réforme, chacun allait se donner les moyens de faire avancer les choses et d'organiser cette réforme du mieux qu'il soit pour nos enfants.

C'est ici que le bas blesse. La première réunion se déroule correctement, nous sommes nombreux, on détermine qui restera pour les prochaines réunions qui se feront dans un comité un peu plus restrein mais dès la deuxième réunion, déjà, on aborde le côté financier de la chose, un peu plus que le bien-être de nos enfants. La troisième réunion stagne, on a du mal à entrevoir un terrain d'entente entre les parents d'élèves, les professeurs et les élus qui n'ont finalement pas tous la même priorité dans cette réforme.

A partir de la quatrième réunion, le silence radio commence. Les réunions sont placées désormais en début d'après-midi en pleine semaine. Mais oui, se libérer un jeudi pour 14h, c'est juste très pratique quand tu travailles. Réunion suivante, re-belote, tu te permets cette fois-ci de leur dire gentiment par mail que conserver les réunions en soirée serait tout de même plus adapté pour espérer échanger avec un maximum de monde. Là-dessus encore silence radio, je n'ai jamais eu de retour sinon une réunion plus de deux mois après, pour mercredi dernier à 14h.

Jeudi, chaque parent recevait une proposition de rythmes scolaires "assouplie" selon les mêmes termes du gouvernement : si les communes ne parvenaient pas à trouver une organisation pour des TAP, soit (2x0.30heure) + (2x1heure) ou bien (2x1.30heures) alors solution était donnée depuis les dernières municipales d'organiser les TAP sur une demie-journée. C'est la proposition qui nous a été faite jeudi dernier : nos enfants auraient donc TAP le jeudi après-midi sans pour autant alléger leurs journées du reste de la semaine. Les petits de l'école maternelle n'auraient plus qu'une heure de cantine le midi (demandez aux deux agents du midi ce qu'il en est pour faire manger 50 petits le midi en 1h20 aujourd'hui). Les activités des TAP sont ô combien floues encore aujourd'hui mais paraît-il qu'il faut attendre la rentrée pour connaître d'abord le nombre d'enfants qui participeront aux TAP. Sans compter tous les autres points bien trop caduques.
Nous parents, nous penchions pour la solution des (2x1.30heures) qui nous semblait la moins pire d'entre toutes et surtout la plus adaptée pour nos enfants.
Cette solution a été refusée par de plus hautes autorités sans raison valable. Sur ce point, les parents d'élèves n'ont pas été consultés et s'en est ensuivi un silence bien trop long.
Aujourd'hui, on nous a pourtant demandé notre avis pour voter oui ou non pour la solution proposée par la communauté de communes avec cette demie journée.
"Mais pourquoi nous demander notre avis alors même que les (2x1.30heures) ont été entérinées du jour au lendemain sans même nous avoir demandé notre avis ?"
Le genre de ping-pong qui a été joué ce soir.
Les quatre parents d'élèves + les deux institutrices des maternelles ont voté non.
Le président de la communauté de communes + les deux élus + les trois institutrices du primaire ont voté oui.
Le vote oui a été retenu.
Nous parents d’élèves nous sommes alors levés pour quitter la salle de classe et annoncer dans le même temps la démission de chacun d'entre nous.
Un groupe de travail avait été créé pour que la réforme soit instaurée du mieux qu'il soit dans notre RPI de campagne.
Le groupe de travail s'est réduit comme peau de chagrin au fil des semaines pour finalement adopter une solution qui ne reprend en rien la réforme présentée à l'origine et qui ne soit pas la moins pire de ce qui a pu être proposé au cours de cette année.
Près de chez nous, pour entrer en école privée aujourd'hui, il faut désormais s'inscrire sur une liste d'attente. Je veux bien le croire.
Notre école publique en plus de perdre ses élèves, a perdu des parents ce soir. Et ce n'est certainement que le début.
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dimanche 27 avril 2014

Toutes ces choses dans ta tête que nous ignorons

Avec nous, tu n'es pas si bavard. 
Du moins, tout est relatif. 
Plus petit, je me souviens qu'on disait très souvent que tu étais un vrai moulin à paroles, il y a même une période où nous étions une peu obligés de quitter la pièce dans laquelle tu étais pour espérer trouver un peu de calme ailleurs : une fois que tu étais parti à raconter quelque chose, on ne t'arrêtait plus.

Aujourd'hui, ce n'est plus vrai. Aujourd'hui, tu as une petite sœur qui est très très présente et qui a contribué certainement à ce que tu parles moins, à ce que tu t'effaces un peu.
"T'effacer", je n'aime pas trop ce terme, c'est triste ce mot, "effacer", mais pourtant je pense que c'est ce que caractérise ton comportement à la maison depuis ces deux dernières années à peu près.
Aujourd'hui, tu parles moins, tellement moins que nous avons eu quelques surprises cette année pour ton année de CP.
Début octobre, première réunion avec ton institutrice, une rencontre parents-professeur pour présenter l'année et répondre à nos éventuelles questions. Et puis, on a voulu échanger personnellement avec elle car nous avions le sentiment que tu étais renfermé, à la maison tu nous parlais si peu de ton entrée au CP, de tes impressions, de ce que tu y faisais. Comme tout parent, on se faisait un peu du souci, savoir si tu aimais vraiment la classe, si tu y étais intégré. Et puis ton institutrice nous a fait des yeux ronds : "Comment, Marin réservé ? Mais pas du tout ! Ce serait plutôt le contraire, Marin est très bavard et très volontaire."
Très bien, nous voilà rassurés.

Rassurés mais une nouvelle fois très surpris lorsqu'on lira ce mot avant les congés de Noël où l'institutrice nous demandait de reprendre Marin, de lui expliquer qu'il ne pouvait plus parler à tout va dans la classe. Elle avait épuisé ses arguments à son égard. Alors, on lui a expliqué, nous étions un peu désarmés, notre fils n'est réellement pas le même à la maison : notre fils est posé, parle peu mais observe, entend et comprend beaucoup de choses rapidement c'est certain.
Et puis l'hiver se termine, le printemps démarre, tu continues de mener ton année de CP tranquillement, peut-être trop tranquillement : au début de l'année, on ne disait trop rien mais en mars, on a commencé à se dire que les leçons étaient un peu légères, elles étaient devenues une formalité pour toi, quand faire les leçons pour certains, c'est compliqué, pour toi, c'était un peu comme si on te demandait de mettre la table...
Avec ton papa, on en avait parlé tous les deux : soit le niveau de CP était un peu trop léger, ce dont nous doutions puisqu'on avait rencontré ta maîtresse pour aussi discuter de cela, ta maîtresse qui nous avait confirmé qu'elle te donnait des travaux supplémentaires pour ne pas que tu t'ennuies. Ou bien soit, tu comprenais vraiment vite et alors peut-être ton niveau était-il au-dessus d'un niveau de CP. Mais cette deuxième explication, on en a beaucoup parlé, on se disait que faire aller trop vite les choses, n'était pas nécessairement bénéfique.

Et puis vint ce coup de fil au bureau en plein après-midi il y a trois semaines. Ton institutrice appelait, elle souhaitait "un rendez-vous pour parler du très bon travail de Marin". Coup de fil étrange qui vous laisse un peu comme deux ronds de frites ensuite. Il valait mieux ça que le contraire mais quand même, tu es un peu sonné.
Le lundi suivant, ta maîtresse m'a montré tous les travaux que tu avais accompli depuis plusieurs mois. Des travaux pour la plupart qui étaient signalés par un astérisque rouge : "Comment ? Mais Marin ne vous a pas expliqué que l'astérisque rouge indiquait qu'il s'agissait de travaux de CE1 ? Il le sait bien pourtant et je lui disais de le dire".
Non, Marin ne nous a rien dit. Pas plus que de nous dire qu'il avait même commencé les multiplications, qu'il avait bien passé le test pour la résolution de problèmes, qu'il avait pu être intégré quelquefois au groupe de CE1 lorsque ses travaux de CP étaient terminés.
Non, notre fils ne nous a pas parlé de tout ça. Nous félicitions de temps en temps notre fiston car il était évident que tout marchait comme sur des roulettes. Mais, il ne s'est jamais vanté qu'il faisait bien plus que des travaux de CP, qu'il était même demandeur de travaux supplémentaires et qu'il les accomplissait plutôt très bien.
Nous devions donner notre réponse avant les vacances de Pâques vendredi dernier.
Notre fils a été intégré dans la classe de CE1 jeudi dernier et c'est par un si gentil mot de la maîtresse jeudi soir que nous l'avons su. Je me suis approchée de mon fils ensuite pour le féliciter, mon fiston qui est resté une nouvelle fois pudique, notre fiston qui doit être si fier, si heureux mais qui garde ses impressions pour lui, comme cachés au plus profond de lui-même.
Notre fiston qui nous demandait un jeu d'échecs lorsqu'il avait à peine cinq ans.
Notre fiston qui part avec maman de temps en temps : lorsqu'il s'agit d'aller voir une expo, de prendre le train pour un week-end, entre autres culturel, il est le premier à répondre présent.
Notre fiston qui nous a dit plusieurs fois que lui aussi il voulait aller à Marseille bientôt.
Tu sais fiston, Marseille, ce sera pour une autre fois mais en attendant, ta maman prévoit d'aller à la Cité des Sciences avec toi début juin. Mais Chuuuttt! Tu ne le sais pas encore. Tu l'apprendras un peu de la même manière que nous avons appris pour ton intégration en CE1. Et tu nous parleras un peu plus désormais, histoire que papa et maman soient un peu plus préparés à la façon dont tu grandis, trop vite ? 
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jeudi 3 avril 2014

Ma toute petite, tu as grandi et mon cœur de maman aussi.

Ma toute petite, je me souviens le printemps il y a trois ans, il faisait si beau, il faisait même chaud, je traînais mon pas si gros bidon partout et faisait un maximum de marche et de promenades en me disant que ce deuxième accouchement serait semblable au premier : serein, naturel, quasi une formalité.
Ma toute petite, malgré le fait que je t'avais chuchoté que "s'il te plaît, arrive en retard si tu veux, mais n'arrive pas pendant Pâques". J'aime tellement aller à la chasse aux œufs dans le jardin et manger du chocolat toute la journée, ça m'embêterait vraiment. Mais ma toute petite, tu avais déjà ton petit esprit de contradiction, c'est toi qui déciderais quand tu arriverais, pas moi, et il y a trois ans, je passais donc mon week-end de Pâques à la maternité.
Ma toute petite, le temps est passé bien vite, on est déjà arrivé là, là, trois ans après avec toi qui répète un peu trop dernièrement le mot "école", tu as bien compris qu'enfin tu irais à l'école en septembre, tu nous le répètes beaucoup, beaucoup à nous qui accusons un peu le coup du temps qui passe, à nous qui réalisons qu'il y a quatre ans, c'était aussi ton grand frère qui ferait sa première rentrée dans cette école.
Ma toute petite, pendant ces trois années, on aura profité de toi, on aura profité de ton frère, on aura profité tous les quatre. Il y a trois ans, on a fait le choix de travailler à temps partiel, ou plutôt papa dans un premier temps, puis maman dix-huit mois plus tard car finalement, on n'allait pas perdre grand chose et surtout on allait gagner en disponibilité pour vous deux, on allait gagner en temps de joie, on allait gagner en temps d'amour.
Ces lundis et mercredis uniques et particuliers resteront ancrés longtemps, si ce n'est pour toujours.
Comment ne pas apprécier de savoir prendre du temps avec ses enfants, de se mettre dans sa bulle, d'ouvrir une parenthèse enchantée pour quelque temps.
Dans un peu plus de deux semaines, tu prendras trois ans.
Les lundis pour maman, les mercredis pour papa et toutes ces joies supplémentaires accordées par deux journées supplémentaires dans la semaine, avec toi, avec ton Titi, avec vous deux, seront terminés.
Cette façon de vivre, plutôt au ralenti, à contre-courant d'autres familles qui ont fait le choix de continuer à travailler complètement, sera terminé.
On va repartir comme avant, à plein temps, mais avec plein de beaux moments en tête.
On va repartir comme avant, bien plus haut les cœurs car on réalise à quel point ces trois années auront été particulières.
Le tout est de repartir car ça revient comme le vélo ces choses-là. La vie, c'est un tourbillon, il suffit de se remettre dedans et c'est reparti.
On retourne dans le tourbillon de la vie mais bien conscients qu'il faut savoir le stopper un peu de temps en temps pour profiter et vivre. 
Ma toute petite, j'ai compris au moins ça tu sais, de prendre le temps, de temps en temps, de m'arrêter. De m'arrêter rien que pour vous.
Ma toute petite, tu as grandi, maman aussi et ce cœur de maman aussi.
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mardi 11 mars 2014

Cet aller simple

Cet aller simple parut fou pour certains, beau pour d'autres.
Cet aller simple fut réservé début janvier, juste après être revenue quelques jours au pays, t'avoir revu et puis repartir. J'avais décidé après t'avoir revu que je reviendrai, plutôt vite : j'ai donc réservé cet aller simple, écoutant beaucoup mon cœur, et je me souviens alors des yeux que m'avait tourné un coloc, l'air de dire que je faisais une erreur.
« Erreur », « impasse » ou encore « relation pas vraiment normale » sont tous ces mots et expressions que nous avons pu rencontrer au départ. « Rencontrer », j'insiste sur ce mot car jamais, on a eu l'impression d' « affronter » quoique ce soit alors que beaucoup pensaient et pensent peut-être encore le contraire.
Cet aller simple m'amenait vers une vie très différente. Passer de l'auberge espagnole à une vie de couple responsable, c'est certain, je faisais le grand écart.
Cet aller simple me faisait quitter une grande ville dont je suis tombée amoureuse pour revenir vers une petite ville de province un peu trop tranquille mais ayant aussi son lot de beaux souvenirs qui ne s'oublient pas de sitôt et qui font qu'on se sent bien dans ce bout du monde.
Cet aller simple ne fut pas un long fleuve tranquille, il fut chaotique au départ, on a appris à se connaître, à changer chacun ses repères, à trouver notre équilibre.
Cet aller simple nous a rendu riches : riches d'émotions, riches de moments vécus, riches d'une nouvelle famille, riches de nouveaux amis.
Cet aller simple nous a aussi fait perdre des amis. Un mal pour un bien, parce qu'on s'est aperçus que ce n'était finalement pas des amis, ces personnes qui sont passées à côté de notre prétendue différence.
Cet aller simple, c'était le 12 mars 2004, c'était il y a dix ans. Écrit sur le papier, dix ans, ça remue toujours un peu, c'est long dix ans, mais c'est surtout court dix ans, dix ans pour tout ça, mais dix ans alors qu'il nous reste encore tant de choses à faire.
Cet aller simple, c'est le premier jour du reste de notre vie : à ce 12 mars 2004 répondront trois autres dates ancrées pour toujours : la naissance de notre premier, la naissance de notre deuxième et puis cette date qu'on a choisi bien après pour ne plus faire qu'un tous les quatre, n'avoir qu'un seul nom pour notre petite famille.
Cet aller simple, c'est notre sésame qui nous a emmenés dans tellement d'endroits, loin ou moins loin.
Cet aller simple, c'est certainement la meilleure décision que j'ai prise dans ma vie lorsque j'achetais ce matin de janvier, cet aller simple pour revenir vers toi.
Cet aller simple, c'est notre symbole, symbole d'une relation peut-être particulière parce qu'avoir de la différence d'âge est de prime abord particulier. Sauf que nous n'étions finalement pas si différents que ça.
Et si on reprenait un aller simple tous les quatre pour revivre les dix prochaines années comme nous venons de les vivre ?
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jeudi 27 février 2014

Les mamies


Il y a une mamie chien et une mamie chat.
Les enfants ont cette faculté de synthétiser et de résumer simplement les choses. Bien sûr, c'est si simple, une mamie chien pour une mamie ayant une chienne pour lui tenir compagnie et une mamie chat pour l'autre mamie qui a cinq chats (oui, c'est un peu beaucoup).
Les mamies, elles te font les gros yeux rarement, les mamies, c'est cool, tu peux faire plein de trucs pour lesquels maman et papa ne seraient pas trop contents.
Les mamies, elles sont toujours souriantes. C'est seulement que leur visage s'éclaire dès qu'elles voient deux petites trognes qui débarquent dans le salon. Et souvent plus rien d'autre n'existe.
Chez Mamie chien, on joue au casino : notre mamie, elle a une vraie machine à sous comme dans les casinos, et autant on adore par dessus tout jouer à la tablette mais jouer avec les pièces, c'est trop marrant quand même.
Chez Mamie chat, on va nourrir une autre chatte chez une voisine qui retourne souvent sur Paris. Mais la chatte, elle est bien à la campagne alors on lui rend visite et on lui donne à manger.
Mamie chien, elle va toujours nous donner des bonbons, du chocolat ou des gâteaux pour ramener à la maison.
Mamie chat, elle nous donne des yaourts rigolos avec des billes chocolat ou biscuits à plonger dans le yaourt ou bien des vrais œufs de ferme pour faire des œufs mouillette de champions à la maison.
Mamie chien est complice avec le grand lorsqu'ils se mettent à faire des mots croisés ensemble. Mamie chien, elle peut être très surprise lorsque la petite dernière arrive trop soudainement sur elle pour lui faire un gros câlin.
Mamie chat dégote toujours des nouveaux jouets lorsqu'on revient en vacances et on choisit toujours nos desserts chez Mamie chat : presque toujours, on choisit des crèmes chocolat.

Une relation privilégiée avec une mamie c'est tellement beau. Ça avait déjà été évoqué ici.
Une relation privilégiée avec une mamie, c'est la garantie de conserver à vie de merveilleux souvenirs d'enfance.
Plus grand puis lorsque soi-même, on deviendra parent, ces souvenirs n'en seront qu'encore plus beaux. 
Il y a quinze jours, nous avons fêté l'anniversaire de Mamie chien. Cette photo est pour moi l'une des plus belles de ce jour : 90 ans séparent la mamie et sa petite fille. Oui, 90 ans. Cet écart, je l'avais réalisé lorsque j'étais enceinte et ça m'est revenu en les voyant toutes les deux lors cette belle journée.
C'est simple, c'est pur, c'est beau. Simplement.
Comme une relation privilégiée avec sa mamie.
Alors dimanche, on ne risque pas de les oublier les mamies.
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mardi 7 janvier 2014

La maison du bon dieu

Quelque part au bout du monde, il y a cette maison où tu te sens bien, pas celle où tu vis et dans laquelle tu vis déjà bien mais celle où tu lâches prise bien plus facilement.
Cette maison, c'est la maison du bon dieu.
Parce que c'est une maison accueillante, parce qu'il y a toujours au moins un sourire permanent.
C'est une maison qui grouillait de petits enfants : une sœur et ses trois frères. Aujourd'hui, tout le monde a quitté le nid mais la maison grouille désormais de chats. Il y en a un peu beaucoup, il y en a cinq. 
Dans cette maison, on se laisse porter, on ne pense plus qu'on a ça ou ça à faire. On prend le temps de se poser, de se reposer, de bouquiner, de regarder tout simplement et uniquement la flambée depuis le canapé.
Trois jours après être arrivés dans cette maison, on s'exclame "mais, les enfants ne se sont pas brossés les dents depuis trois jours, non ?". Oui, on avait simplement oublié.
Ces objets étranges, plutôt kitsch, qui n'auraient pas de place dans ton chez-toi mais ici c'est différent, c'est la maison du bon dieu, ils se fondent parfaitement dans le décor. Comme cette pendule de la Vitrine Magique où toutes les heures à partir de sept heures, on a droit à un nouveau cri d'oiseau.
Et maman dit que mon frère est vraiment épaté par cette pendule : "Oui, je t'assure, il l'adore, elle sera pour lui quand je ne serai plus là". Oui, c'est le genre de discussions improbables que tu as régulièrement dans la maison du bon dieu. Et des discussions qui fusent pas mal aussi de temps en temps, c'est normal, il y a des caractères particulièrement affirmés qui passent dans la maison du bon dieu.
Il peut y avoir aussi ce genre de phrases : "Tu n'oublies pas d'allumer le four à 10h30". "Mais, c'est pas vrai, vous avez une horloge de bouffe dans le cerveau". C'est ce que j'ai répondu car la maison du bon dieu, on y mange tout le temps, et on y mange bien, encore une de ses caractéristiques.
La maison du bon dieu, c'est le point de ralliement, le point de rencontres : on y retrouve tout le monde alors qu'on regrette le reste du temps de ne pas voir plus souvent un tel ou un tel. Ne pas voir son frère en-dehors de cette maison, il n'y a pas d'excuse pour ça. Une fratrie, c'est trop fort, on ne doit pas passer à côté. Alors, heureusement la maison du bon dieu est là. Pour au moins raconter les nouvelles, pour au moins une rencontre inopinée.
La maison du bon dieu, c'est aussi le refuge des chats. Il y en a cinq, quelquefois plus, faut pas croire, même les chats se rendent compte que c'est le paradis ici : vous vous lèveriez vous, à cinq heures du mat' parce que c'est l'heure de manger pour les cinq chats à la fois ? Moi non, mais la maison du bon dieu, oui. En fait, les enfants sont partis mais maintenant il y a les chats qui coupent leur nuit (car je ne vous raconterai pas l'histoire de la chatte qui miaule à la mort en pleine nuit au beau milieu du salon) (parce que elle, elle ne s'entend pas miauler, elle est sourde).
La maison du bon dieu, c'est simplement la maison familiale.
La maison du bon dieu, il n'y a pas au-dessus.
La maison du bon dieu, c'est une autre maison du bonheur.
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