dimanche 3 septembre 2017

Le premier Marathon de la Pointe de Barfleur



Un marathon qui revenait prendre place par chez moi.
Il y a quelques années, il y avait un marathon à Cherbourg. Depuis, plus rien dans le Cotentin et à plus large périmètre, plus de marathon 100% manchois.
Il y eut d'abord des rumeurs plutôt fondées il y a de nombreux mois qu'il se préparait quelque chose du côte de la côte est, du côté du port de Barfleur, Barfleur un des plus beaux villages de France.
Une page Facebook a vu le jour, et puis cette possibilité de s'inscrire au tout début de l'année à cette première édition du Marathon de la Pointe de Barfleur. Je n'ai pas tergiversé longtemps, le 27 août se passera à Barfleur, j'enregistre le dossard n°21, le jour J, on reconnait bien ceux qui se sont précipités à l'inscription 😊.


  • La préparation
Depuis janvier, les informations sur le marathon sont régulières, les appels aux bénévoles se font nombreux, des bénévoles très précieux pour ce type de manifestation qui nécessite une organisation hors-pair : remise des packs avant la course, balisage, signaleurs et personnes aux nombreux ravitaillements le jour j et j'en passe tellement. Il y aura eu aussi les réunions d'avant manifestation pour mettre en place et parfaire l'organisation d'un tel événement.
Côté coureur, après en avoir discuté avec pas mal de participants avant course, s'engager sur un marathon à cette période de l'année n'était pas anodin, l'été étant en général une saison un peu plus décousue, pas tant au niveau du nombre de ses sorties courses hebdomadaires mais bien au niveau alimentation...et boisson... Oui, les barbecues de l'été au rosé auront peut-être été un peu plus nuancés cette année. De mon côté, je ne suis pas certaine d'avoir moins profité de ces plaisirs de l'été mais je sais que pour tout godet versé, j'avais toujours une pensée pour le marathon, toujours à répliquer alors  : "tu bois, tu courras encore plus demain". Ah, ah, telle fut donc ma prépa marathon 😉
(je fais abstraction des prépa pour mes deux autres marathons depuis le début de l'année, hein 🙈).

  • Le parcours
50% de routes, 50% de chemins dont une grande partie sur le littoral.
Deux boucles.
Qu'on se le dise, ce marathon n'est pas le marathon rêvé du performeur : il y a un peu de côtes côté route, il y a surtout beaucoup de terrain meuble en bord de mer et des portions très sablonneuses par endroits. En revanche, il est un marathon rêvé pour tout coureur qui apprécie de se retrouver aussi sur les chemins, qui pratique plus ou moins le trail, qui ne fait pas de la route son cheval de bataille. Et ce sont d'ailleurs mes courses régulières sur chemins, à manger un peu de dénivelé qui m'ont bien aidée à profiter de ce Marathon de la Pointe de Barfleur. J'ai effectivement échangé notamment avec un ami après course, un ami de région parisienne qui court bien plus majoritairement sur routes et qui ne s'attendait pas à une telle difficulté. Un point qu'il est bon de souligner afin de savoir où vous mettrez les pieds pour votre prochain marathon à Barfleur.
Concernant les boucles, on aurait tendance à se dire : "mouais, bof, c'est pas terrible de repasser deux fois au même endroit". C'est en tout cas le genre de remarques que je faisais avant, avant de courir Stockholm, et puis Barfleur. Sauf que dans ces deux cas, j'ai apprécié. Apprécié de repasser là où j'étais passé simplement parce que repasser à un endroit 20 kilomètres plus tard, n'est pas perçu de la même manière que de le passer 20 kilomètres plus en amont. Les sensations sont bel et bien différentes, on a un autre regard sur les choses et on ne voit définitivement pas les mêmes choses. Dans mon cas bien personnel, j'ai, malgré ce que j'en pensais avant, vraiment apprécié ces deux parcours en boucles.

  • L'équipement
Pas de surprise, on ne change pas une équipe qui gagne, ou plutôt on conserve l'équipement dans lequel on se sent le plus à l'aise. Ce jour là, j'ai opté pour une de mes premières tenues de course à pied. 
A mon poignée, ma Polar V800 qui m'accompagne depuis un an désormais et qui n'a jamais démérité (son retour produit à relire par ici). 
Niveau chaussures, ce sont mes Altra Escalante qui seront, après Stockholm, une nouvelle fois de la partie sur marathon. J'ai été d'ailleurs conquise par ces Escalante, chaussures minimalistes zero drop, que j'utilise depuis le mois de mai. Je vous en reparle bientôt !
J'ai hésité à prendre ma ceinture avec mes deux bidons, hésité parce qu'il y aura onze ravitaillements. Et puis, je repense au marathon de Paris, au grand vide du kilo 25, et donc à ma ceinture qui m'a été d'un grand réconfort à ce moment...

Il est 8h45. Je me dis alors que la route sera un peu longue jusqu'ici tout à l'heure.
Il est 8h50, ça va, j'ai l'air quand même assez alerte et réveillée.
(après avoir dormi 2h30 😢)

Le grand jour


Je ne m'attarderai pas sur le défilement de mes kilomètres pour cette fois mais voulais simplement revenir sur certains points clés de cette belle journée.
Une belle journée, c'en était une : grand soleil annoncé et plus de 25 degrés. Ce ne sont pas du tout mes conditions idéales pour courir, en bonne normande, j'apprécie un peu plus de fraîcheur et un ciel voilé lorsque je m'entraîne. Je prends le départ en me martelant que les pauses fraîcheur seront obligatoires à CHAQUE ravitaillement, soit 11 ravitaillements répartis sur ces 42.195km. Des verres, des demi-bouteilles et des bouteilles d'eau nous attendront à chaque fois à foison. Je me suis arrosée à chaque ravito dès le début de la course (dont le départ avait été donné à 9h30) : à 11h, j'étais toujours trempée et le resterai jusqu'à mon arrivée, y compris en espaçant les arrosages vers la fin. Je n'ai pas manqué le coche de me rafraîchir et n'ai donc pas vraiment souffert finalement de ce soleil au zénith.
Puisque j'évoque les ravitaillements : sachez que vous ne manquerez de rien, onze ravitaillements, c'est vraiment très bien et ils ont eu ce mérite d'être à chaque passage pleinement garnis, et de tout : des bananes (mes favorites inconditionnelles sur marathon 🍌), des abricots et raisins secs, du quatre-quatre, du coca,... Un immense bravo à l'organisation de ce point de vue. A l'arrivée, et même si je ne pouvais plus rien avaler, il y avait aussi des quiches et des pizzas.

Au total, ce seront 522 coureurs qui auront bravé le parcours du Marathon de la Pointe de Barfleur ce dimanche matin, solos et duos confondus. Nous serons 290 arrivants sur le marathon solo. Une très belle participation pour cette première édition et un nombre qui a fait que jamais, je ne me suis retrouvée seule en quelques endroits.

Les copains sont nombreux : je retrouve David, Etienne, Damien, Jean-Denis au départ. Je rediscuterai avec eux sur le parcours (exception faite de David qui, telle une fusée, est parti bien en avant) avec aussi Dominique venu de Bordeaux et courant alors son 104ème marathon (😱), Yannick, Valentin que je croise lors de la rencontre des deux boucles en revenant la première fois sur Barfleur. Je discute aussi avec d'autres coureurs, tout aussi décontractés, tout aussi heureux d'être là et c'est bel et bien cette sérénité, cette envie, ce plaisir de tous que je retiendrai de Barfleur : une belle manifestation qui rassemble définitivement, chacun profite du moment, chacun est si heureux d'être là.

Au kilomètre 15 :


D'un point de vue plus personnel, j'ai commencé à avoir mal derrières les cuisses à partir du kilo 30. C'est d'ailleurs à ce moment que je retrouve Etienne et on discutera ensemble pendant près de deux kilomètres jusqu'à ce que je me relance dans ces chemins de sable qui nous conduiront jusqu'au phare de Gatteville au kilo 38. Et c'est bien ce phare que je garderai en ligne de mire pendant de longues minutes : "une fois arrivée au phare, le plus dur sera derrière toi". La route est un peu longue, il y a beaucoup de coureurs qui marchent, certains sont pris de crampes. J'attends les ravito avec impatience, comme une sorte de réconfort, un morceau de banane, une gorgée d'eau et puis, hop, il faut y retourner.
Et puis Gatteville, quatre kilomètres, quatre petits kilomètres.
Ils ne passent pas si vite, je pense beaucoup à ma famille qui s'est déjà retrouvée depuis plusieurs minutes sur le terrain d'une cousine à quelques kilomètres, oui, ils sont en train de prendre l'apéro mais tu vas les retrouver bientôt, hein, et ce que tu seras heureuse, d'autant plus. Les paysages sont encore plus beaux j'ai l'impression, j'aime voir l'église de Barfleur de plus en plus proche, la mer à proximité et tous ces gens qui en profitent par cette belle journée. On repasse devant ce petit camping et devant ce moulin juste avant Barfleur et surprise !
Mon mari m'attend ici. Je suis vraiment heureuse, je suis dans le dur et il est là, il va faire ces deux derniers kilo avec moi. Il m'encourage beaucoup, je parle bien moins de ce que j'ai pu parler jusqu'alors, aussi parce que je suis émue et que je ne peux pas pleurer, je ne veux pas sacader ma respiration. Mon mari me porte de ces mots, je lui réponds avec mes yeux, mes expressions, on vit pleinement ces deux derniers kilo. L'arrivée est imminente, la foule se fait beaucoup plus dense et comme déjà une délivrance, je retrouve un regain d'énergie, un peu plus de dynamisme et souris de nouveau, beaucoup. Et puis cette ligne droite au virage après l'église, l'arche est là-bas, au bout du port. "Je file, je vais te prendre en photo à l'arrivée" "oh non, reste là, on passe l'arche ensemble, tu le mérites, on le mérite". On y va tous les deux, je suis très émue, je ne vois plus rien, à part nous deux, bordel, la vie n'est pas toujours facile mais elle nous donne ce genre de cadeaux INESTIMABLE. 
J'entends un "Allez Anne-Claire". Je sais qui est cette voix, la voix de ma supportrice de choc sur ce marathon, de notre supportrice de choc car elle a encouragé tellement de personnes. Anne, tu as été tellement super en tant que cheerleader et tu as été mon meilleur support sur course jusqu'alors aussi parce que tu as été là, du début, à la fin. Encore un immense merci pour tout ! Et merci pour tes si jolies vidéos, de bien jolis souvenirs.


Je termine ce Marathon de la Pointe de Barfleur émue au plus haut point, émue comme jamais. J'ai pleuré, beaucoup. C'est bel et bien cette photo, qui se passerait de commentaires, qui parle d'elle-même.
Bravo Barfleur, bravo l'organisation et un grand grand MERCI.
C'était chez moi, c'était beau, c'était chaud, c'était difficile. Un marathon nature avec 50% de sentiers côtiers jamais homogènes. On en a pris plein les yeux, j'ai souri la plupart du temps, j'ai parlé, beaucoup, avec tous ces copains sur le Marathon de la Pointe de Barfleur. J'ai eu mal aux cuisses et aux tendons à partir du kilo 30 mais la tête est bel et bien restée. Le marathon, c'est surtout ça : une extraordinaire aventure humaine avec ce dépassement de soi, ce mécanisme intérieur qui se rode, que tu frôles, que tu ne comprends pas toujours et qui te fait pleurer plus ou moins sur la ligne d'arrivée. Hier, j'ai beaucoup pleuré, mais j'ai surtout beaucoup aimé. Le Marathon de la Pointe de Barfleur, ma cinquième étoile décrochée à la maison en 4h23. ▪ #marathondeBarfleur #marathondelapointedeBarfleur #Barfleur #Cotentin #Manche #marathon #marathongirl #finisher #emotion #depassementdesoi #sedepasser #Zerolimits #motivation #inspiration #togethermotivated #MondayMotivation #motivationmonday #instarun #instarunFrance #instarunNormandie #Normandie #HappyRunningCrew #goheroes #running
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Toutes les informations utiles sur Le Marathon de la Pointe de Barfleur par ici, et beaucoup plus de vues aussi, de cette splendide côte est du Cotentin !


Avec Etienne et David : vive la Normandie ! ✌
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