mardi 26 décembre 2017

Se ressourcer


Se lever aux aurores. 
Allumer cette lampe avec cette lumière plus chaude et puis ces petites flammes ressorties pour les fêtes.
Ouvrir son ordinateur pour travailler un peu, c'est bien au très petit matin, avec une première petite tasse de café, que la productivité est à son maximum.
En ce lendemain de Noël, le café fut exceptionnellement troqué par une grande tasse de thé vert.
Des premières idées sont couchées sur le papier, on les retranscrit dans un diagramme, on se remémore ces substantifs d'anatomie ou d'arthrologie, à force de rabâcher, ils finiront bien par devenir familiers.
Deux heures plus tard, on finit par entendre, doucement, les enfants qui bougent, dans cette chambre, et puis dans l'autre.
Mes horloges. 
Rejoindre la cuisine et leur préparer leurs petits-déjeuners. Doucement.
Échanger quelques mots avec Papy et Mamie aussi, tout le monde semble bien remis de ces premières festivités de fin d'année et à mon tour de m'installer pour petit-déjeuner.
La météo est correcte, après une bonne tempête de vent essuyée dans la nuit, on devrait s'en tirer pour cette sortie trail entre Noël et Jour de l'An qui devient elle aussi, mine de rien, traditionnelle. 
Ma tradition à moi. Rejoindre le Cap de la Hague, sa Baie d'Ecalgrain et son phare de Goury, baskets aux pieds, cheveux aux vents, quelques aigreurs d'estomac en sus.
On commence après 400 mètres à bien grimper dans ce chemin détrempé pour rejoindre le Calvaire du Mont-Clin d'où la vue sur l'Anse Saint-Martin vaut déjà son pesant d'or. C'est aussi en hauteur qu'on retrouve ces bonnes rafales de vent qui chiffonneront encore un peu plus cette natte conservée depuis le soir du réveillon.
Passer au Hameau Henry puis aux Landes où les maisons sont définitivement magnifiques et que dire de celle-là qui possède une vue extraordinaire sur toute la mer, là-bas.
Après les hameaux, on s'engage dans un autre chemin de campagne, il a vraiment beaucoup plu en cette fin d'automne, trop plu, la gadoue il y en a plus qu'il n'en faudrait. "Ploc, ploc, ploc", et veiller à ne pas se retrouver les quatre fers en l'air.
Jobourg, on traverse la route principale qui mène au phare de Goury, on se retrouve dans la bruyère, encore deux, trois petits kilomètres avant d'atteindre les falaises et cette côte escarpée si belle, si belle.

Le vent s'est bien renforcé, évidemment, des vents d'ouest aux alentours de 70km/h ce matin.
C'est là, parmi cette nature sauvage que je me retrouve souvent, se retrouver soi, loin de tout, déconnectée de tout, ce cadeau tout simple qui n'a pas de prix, mon essentiel.
Au fil de la bruyère, des ajoncs, c'est droit devant, Aurigny qui me fait face en premier lieu. L'île anglo-saxonne d'Alderney dont les falaises, blanches, ressortent particulièrement aujourd'hui avec cette lumière vive du soleil qui joue avec les nuages.
Et puis, dominer Ecalgrain, et sa baie. Ses falaises sont choquées par les vagues, nombreuses, la mer est pleine, bientôt. Plus près du rivage, la mer est blanche, agitée, l'écume bien visible depuis les hauteurs. Je reste là, peut-être cinq minutes, peut-être plus, sur cette roche. Le temps n'existe plus, on ne pense plus à rien, on admire ces éléments bruts, plutôt déchaînés aujourd’hui, ces éléments où le temps s'est arrêté. Plus de repères, plus de pensées, seulement ce bien-être évident à profiter maintenant.
Repartir. Tu la voulais ta sortie longue sur tes terres d'enfance. La voilà et la lumière qu'on espérait même pas si belle. Alliée à un air vivifiant, de quoi repartir tout neuve, plus tard. Se bouger, oublier, déconnecter, profiter, vivre, en pleine nature.
Goury et son phare majestueux, en pleine mer. Les promeneurs et les photographes deviennent plus présents.
Je m'engage dans ce chemin, je crois me rappeler que peut-être, j'avais été bloquée par là, la dernière fois. Un kilomètre plus loin, route barrée, voie sans issue. Bon, revenir en arrière, sans façon. De ce côté des vaches, par là, ça devrait rouler. On passe sous le barbelé, traverse le champ, de nouveau un barbelé et on se retrouve face au phare, sur cette plage de gros galets. Ce phare, majestueux, j'ai un moment d'hésitation, je resterai bien là, aussi, hors du temps.
C'est désormais le chemin du retour, qu'elle est belle cette sortie de fin d'année. Ce sentier littoral tant de fois emprunté, un sentier plus difficile en cette période humide, un sentier à la fois à la merci du ciel et de la mer.
15 km. Les jambes commencent à tirer un peu. 17 km, on s'octroie désormais un peu plus de marche sur quelques mètres, de temps en temps, le temps de profiter aussi un peu plus des paysages environnants.
18km. La maison est là-bas, deux kilomètres plus loin. Les 600 mètres de galets pour le presque final sont là, tout ce qu'il faut pour finir d'achever. On s'enfonce, on s'enfonce, on ne s'arrête plus.
20km et les derniers deux-cents mètres. STOP.
La cheminée allumée, une assiette prête à réchauffer.
Comme on réchauffe pleinement les cœurs dans cette intense douceur du cocon d'enfance.
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